La Grèce veut lier le remboursement de la dette à la croissance économique
La nouvelle équipe en place à Athènes martèle son message anti-austérité à travers toute l’Europe mais se donne un mois pour formuler des propositions. Après une rencontre plutôt glaciale vendredi entre le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le ministre des Finances Yanis Varoufakis, à l’issue de laquelle le premier prévenait qu'«ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre», tandis que le second réaffirmait ne pas vouloir dialoguer «avec une commission branlante (telle que la troïka)», le débat s’est poursuivi à Paris.
Yanis Varoufakis, venu rencontrer son homologue français Michel Sapin, a demandé à ce que le remboursement de la dette grecque soit liée à la croissance économique du pays. Il a également appelé la Banque centrale européenne à continuer à soutenir le système bancaire grec jusqu'à ce qu’un accord soit trouvé. «La BCE et (son président Mario) Draghi assurent le contrôle des liquidités. Tout sera donc fait - il l’a dit lui-même - pour ne pas altérer le cours paisible des choses», a tenu à rassurer le vice-Premier ministre, Yannis Dragasakis sur l’antenne de la chaîne grecque Mega TV. Les valeurs bancaires ont chuté de 25% à 30% la semaine dernière à Athènes.
De son côté, Michel Sapin a joué la carte de la conciliation en déclarant qu’il était «légitime» pour les Grecs de s’interroger sur les moyens d’alléger le fardeau de leur dette publique. Les créanciers de la Grèce devraient offrir un «nouveau contrat», a-t-il ajouté, tout en jugeant inconcevable qu’on puisse effacer l’ardoise. Une position partagée par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui serait disposé à mettre en place rapidement une alternative à la troïka (UE, FMI, BCE), selon le Handelsblatt. La Grèce pourrait obtenir un élargissement des objectifs de politique économique à condition que le pays respecte les accords noués avec les créanciers, ajoute le journal allemand.
Avec son franc-parler habituel, Yanis Varoufakis a estimé que la Grèce avait fini par ressembler «à un junkie recherchant à tout prix sa prochaine dose. Ce que ce gouvernement cherche à faire, c’est mettre un terme à cette addiction». Le ministre des Finances grec, conseillé par Lazard, poursuit sa tournée européenne. Il sera aujourd’hui à Londres puis demain à Rome où il sera rejoint par le Premier ministre Alexis Tsipras. Ce dernier a prévu de rencontrer mercredi Jean-Claude Juncker, ainsi que François Hollande.
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