La Grèce et le Portugal dérapent sur la voie de la réduction des déficits
Collectivement, les pays de la zone euro ont des finances publiques en meilleure santé que celles des Etats-Unis ou du Royaume-Uni. Leur ratio de déficit sur PIB a légèrement reculé l’an dernier, de 6,3% à 6%, selon les statistiques de l’office européen Eurostat publiées mardi. Il est loin, par exemple, des 10% affichés au Royaume-Uni sur l’exercice fiscal 2010-2011. Le ratio de dette sur PIB, en revanche, s’est creusé à 85,1% en 2010 contre 79,3% l’année précédente (et 82,5% au Royaume-Uni).
Mais à l’échelon national, les divergences s’accroissent et continueront à le faire en 2011. Le déficit grec a finalement atteint 10,5% du PIB en 2010, un point au-dessus des dernières estimations du gouvernement et loin de son objectif initial de 8%. Le ratio de dette s’établit, lui, à 142,8% du PIB, marquant une hausse de plus de 30 points en deux ans.
Une dégradation de nature à alimenter les rumeurs d’une restructuration prochaine de la dette grecque. Hier, un conseiller économique d’Angela Merkel, Lars Feld, a estimé que «la Grèce ne pourra pas réussir sa consolidation budgétaire sans une restructuration de dette dans un futur peut-être proche». Mais l’expert a précisé que «l’Allemagne ne soutient pas actuellement une restructuration de la dette grecque». Et pour Nicola Mai, économiste chez JPMorgan, «il convient de souligner que le déficit primaire grec (ndlr: hors paiement des intérêts de la dette) reste élevé, à 4,9%». Restructurer dès maintenant la dette d’Athènes serait donc peu efficace puisque le pays aurait encore besoin de l’aide extérieure pour boucler ses fins de mois.
Le déficit portugais, à 9,1%, a lui aussi été revu au-dessus des 8,6% annoncés par le gouvernement en mars, et de l’objectif initial de 7,3%. En cause, des changements de méthode comptable: Eurostat a forcé Lisbonne à reconnaître les engagements liés à la mise sous tutelle de la banque BPN et à l’intégration de trois réseaux autoroutiers.
«Les ratios de dette sur PIB vont continuer à grimper en Grèce, en Irlande et au Portugal, dont les gros déficits primaires ne seront que partiellement réduits cette année», souligne dès lors Nicola Mai. L’Espagne part de plus bas, avec un ratio de dette sur PIB de 60,2% à fin 2010. Mais elle prend le même chemin, puisqu’elle a dégagé l’an dernier le deuxième déficit primaire de la zone, à 7,3%, derrière l’Irlande, et qu’elle n’a pas payé le gros du coût de la restructuration de ses caisses d’épargne.
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