La Grèce espère se doter d’un délai de grâce supplémentaire
Qui cédera le premier ? D’après les dernières déclarations, le gouvernement grec est disposé à solliciter aujourd’hui une prolongation de six mois d’un «accord de prêt», et non du «programme d’aide» en lui-même, auprès de ses partenaires de la zone euro. Si l’accord cadre «Moscovici» revient ainsi sur la table, il comporte néanmoins une modification de dernière minute d’ordre sémantique mais cruciale concernant l’extension du programme actuel. Cette dernière n’est plus considérée comme purement «technique» mais constitue désormais «une étape intermédiaire à un nouvel arrangement» qui serait défini au cours du délai de six mois et laisse entrevoir de nouvelles négociations.
«Pour Alexis Tsipras, cet accord lui permet de sauver la face auprès de ses électeurs à qui il a promis de changer le régime imposé par la Troïka. Pour les créanciers, il laisse des portes ouvertes et du temps pour négocier la définition de ses termes exactes», estime RBS. Au terme de ce délai, la Grèce espère un nouvel accord plus souple qui prendrait la forme d’un allongement des maturités ou une baisse du taux sur les prêts bilatéraux, actuellement indexé sur le Libor avec une marge de 50 pb, mais aussi d’un assouplissement des objectifs de déficits publics ou d’un swap de dette vers des obligations indexées sur la croissance.
«Il ne faut pas considérer comme acquis que la demande grecque telle qu’énoncée suffira à un compromis à l’Eurogroupe de vendredi défini lundi dernier comme la date butoir par son président Jeroen Dijsselbloem», alerte Nomura. Les demandes grecques ont déjà été rejetées lundi, et le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a déjà écarté toute entorse au respect des conditions imposées à la Grèce en contrepartie du programme d’aide actuel.
En outre, RBS estime que «même en cas de restructuration, la dette grecque reste insoutenable», les projections de croissance et d’excédent courant de La Troïka étant «irréalistes». Dans ce contexte, il est probable que les négociations se poursuivent avec comme risque principal pour les deux parties une sortie de la Grèce hors de la zone euro. «Dans ce jeu, l’issue victoire / défaite (ou défaite / victoire) est un équilibre de Nash, dans le sens où il est impossible que l’un des deux joueurs puisse améliorer son issue en changeant de stratégie. Chaque joueur est ainsi tenté de «jouer dur», en repoussant les négociations jusqu’à la dernière minute», explique SG CIB.
Le Conseil des gouverneurs de la BCE a d’ailleurs maintenu la pression hier. Selon Reuters, il a relevé modestement le plafond du dispositif de fournitures de liquidités d’urgence (ELA) aux banques grecques pour le porter à 68,3 milliards d’euros.
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