La Grèce doit présenter une liste de réformes

Ces propositions entrent dans le cadre de la prolongation annoncée du plan de soutien.
Antoine Duroyon
Le Premier ministre Alexis Tsipras s’est félicité d’avoir «gagné une bataille», mais la pression ne faiblit pas sur la Grèce. © European Union EP
Le Premier ministre Alexis Tsipras s’est félicité d’avoir «gagné une bataille», mais la pression ne faiblit pas sur la Grèce. © European Union EP  - 

Les autorités grecques ont planché tout le week-end pour mettre au point une liste de réformes structurelles. Ces propositions sont requises par l’accord arraché vendredi soir qui prolonge de quatre mois le soutien financier dont bénéficie actuellement la Grèce. Ces engagements non chiffrés dans les domaines de la fraude fiscale, de la corruption et de la fonction publique doivent être présentés d’ici à la fin de la journée aux créanciers internationaux (FMI, BCE, Commission européenne). Ces mesures seront débattues demain par l’Eurogroupe lors d’une conférence téléphonique.

En contrepartie de ces efforts, le communiqué de l’Eurogroupe fait miroiter une certaine «flexibilité» dans le processus de négociation et un assouplissement tout relatif en matière budgétaire. «Pour l’objectif d’excédent primaire en 2015, les institutions (c’est-à-dire la troïka, ndlr) prendront en compte les circonstances économiques de 2015», souligne le document. Une formulation qui ne va pas sans introduire une certaine dose d’ambiguïté, regrette Malcom Barr, économiste de JPMorgan.

Si le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’est félicité d’avoir «gagné une bataille», la pression ne faiblit pas pour Athènes. Le gouvernement reste lié au programme actuel et doit «se garder de tout retrait de mesures et de changements unilatéraux aux politiques et aux réformes structurelles», prévient l’Eurogroupe.

Le transfert des quelque 10 milliards d’euros du Fonds hellénique de stabilité financière (HFSF) vers le Fonds européen de stabilité financière (EFSF) montre en outre que ces fonds doivent être utilisés pour recapitaliser les banques et en aucun cas servir à financer les dépenses publiques. «Cet accord fait peu pour atténuer les problèmes de cash-flow que l’Etat grec devrait rencontrer dans les prochains mois, et maintient la pression pour que les Grecs mettent en place leurs idées de réforme rapidement», estime Malcom Barr.

Car, si la feuille de route est approuvée en début de semaine - faute de quoi le plan de soutien de 172 milliards d’euros expirera samedi prochain - une épineuse phase de négociations devra être engagée. Elle visera à fixer les objectifs budgétaires pour 2015 et 2016 et à préciser les réformes. L’Eurogroupe souhaite que cette phase soit bouclée d’ici à la fin avril afin de permettre au gouvernement grec de ratifier l’accord, préalable à un déblocage d’une tranche d’aide de 7 milliards d’euros.

Mais le temps presse et pour George Saravelos, économiste de Deutsche Bank, il n’est pas impossible que le calendrier des négociations connaisse une accélération dans les prochaines semaines. Un éventuel feu vert de l’Eurogroupe à une émission de bons du Trésor pourrait donc jouer un rôle non négligeable lors des négociations.

L’autre incertitude sera la capacité du gouvernement grec à respecter le cadre existant, souligne George Saravelos. L’aile gauche de Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, critique vertement l’accord passé vendredi qu’elle assimile à une reddition. «Renommer la troïka en «institutions», le mémorandum en «accord» et les prêteurs en «partenaires», cela ne change rien à la situation antérieure», a déploré Manolis Glezos. Dans un communiqué publié sur le site de sa mouvance, le doyen du Parlement européen s’est même excusé auprès du peuple grec «pour avoir participé à cette illusion» du changement.

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