La Grèce a encore du chemin à faire pour redevenir solvable
Les finances publiques du pays devraient s’améliorer grâce au nouveau plan d’aide mais il faudra aussi que la croissance reparte
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Violaine Le Gall
GEORGES PAPANDREOU - SOMMET EUROPEEN - PHOTO BLOOMBERG
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Le nouveau programme d’aide de l’Europe à la Grèce rend son retour à la solvabilité plus vraisemblable. Avec le premier, établi l’an dernier, les chances que le pays surmonte sa charge d’endettement étaient «nulles», rappelle Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities. «La plupart des mesures annoncées devraient avoir un impact positif significatif sur la trajectoire de la dette dans les prochaines années», estiment les économistes de Credit Suisse.
D’après leurs projections, la diminution de 0,5% du taux d’intérêt moyen payé par le gouvernement sur ses obligations allègera la dette de 30 milliards d’euros ou 10% du PIB d’ici à 2020. Si, en plus, une décote de 25 milliards d’euros de la dette grecque est appliquée cette année, du fait de la participation du secteur privé, et que les mesures de soutien européennes relèvent la croissance d’un point, la dette publique pourrait tomber à moins de 100 % du PIB en 2020.
«La combinaison de taux d’intérêt plus bas et de la modeste réduction de la dette donne aux autorités grecques une chance d'équilibrer leurs finances publiques dans les prochaines années», estime Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. Mais le succès du redressement est encore loin d'être acquis. Deutsche Bank calcule que pour revenir à une dette de 159% du PIB en 2012 à 120% en 2020, il faudrait que l’excédent primaire soit compris entre 3,5 et 4% du PIB entre 2015 et 2020, contre -5% aujourd’hui. Ce plan «n’est pas une solution miracle», ajoute l'économiste. D’autant que l'évaluation des besoins d’aide du pays d’ici à 2014 prend en compte l’hypothèse du FMI de recettes de privatisation de 28 milliards d’euros, un montant jugé très optimiste.
La Grèce mettra du temps à devenir compétitive car «les ajustements par les coûts salariaux unitaires prennent du temps», ajoute Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management. De plus, la Grèce devra «prolonger les efforts d’exportations en dehors de l’Union européenne pour disposer d’une impulsion robuste».
De nombreuses réformes structurelles doivent aussi être menées à bien dans le pays, avec le soutien de l’Europe et du FMI. «Les problèmes économiques de la Grèce sont de nature structurelle (manque d’infrastructure fiscale adaptée et secteur public inefficace, etc.), ce qui nécessitera un suivi permanent de l’Europe et du FMI», commentent les économistes de Barclays Capital.
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