La Grèce a encore du chemin à faire pour redevenir solvable
Le nouveau programme d’aide de l’Europe à la Grèce rend son retour à la solvabilité plus vraisemblable. Avec le premier, établi l’an dernier, les chances que le pays surmonte sa charge d’endettement étaient «nulles», rappelle Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities. «La plupart des mesures annoncées devraient avoir un impact positif significatif sur la trajectoire de la dette dans les prochaines années», estiment les économistes de Credit Suisse.
D’après leurs projections, la diminution de 0,5% du taux d’intérêt moyen payé par le gouvernement sur ses obligations allègera la dette de 30 milliards d’euros ou 10% du PIB d’ici à 2020. Si, en plus, une décote de 25 milliards d’euros de la dette grecque est appliquée cette année, du fait de la participation du secteur privé, et que les mesures de soutien européennes relèvent la croissance d’un point, la dette publique pourrait tomber à moins de 100 % du PIB en 2020.
«La combinaison de taux d’intérêt plus bas et de la modeste réduction de la dette donne aux autorités grecques une chance d'équilibrer leurs finances publiques dans les prochaines années», estime Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. Mais le succès du redressement est encore loin d'être acquis. Deutsche Bank calcule que pour revenir à une dette de 159% du PIB en 2012 à 120% en 2020, il faudrait que l’excédent primaire soit compris entre 3,5 et 4% du PIB entre 2015 et 2020, contre -5% aujourd’hui. Ce plan «n’est pas une solution miracle», ajoute l'économiste. D’autant que l'évaluation des besoins d’aide du pays d’ici à 2014 prend en compte l’hypothèse du FMI de recettes de privatisation de 28 milliards d’euros, un montant jugé très optimiste.
La Grèce mettra du temps à devenir compétitive car «les ajustements par les coûts salariaux unitaires prennent du temps», ajoute Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management. De plus, la Grèce devra «prolonger les efforts d’exportations en dehors de l’Union européenne pour disposer d’une impulsion robuste».
De nombreuses réformes structurelles doivent aussi être menées à bien dans le pays, avec le soutien de l’Europe et du FMI. «Les problèmes économiques de la Grèce sont de nature structurelle (manque d’infrastructure fiscale adaptée et secteur public inefficace, etc.), ce qui nécessitera un suivi permanent de l’Europe et du FMI», commentent les économistes de Barclays Capital.
Plus d'articles du même thème
-
Qiddiya s'engage à investir 6 milliards d’euros en France pour développer des parcs à thèmes
La France et l’Arabie saoudite ont signé un protocole d’accord pour la construction et le développement de plusieurs parcs d’attractions en Île-de-France. -
Le tiers payant, un terrain de jeu pour les fintechs
Marché très concentré et particulièrement exposé aux cyberattaques, le tiers payant intéresse de plus en plus les fintechs qui tentent de se positionner en tant que partenaires technologiques fiables. -
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026. -
Les fonds de private equity hexagonaux misent sur le « Made in France »
Près de la moitié de la valeur des participations détenues dans l’Hexagone est aux mains d’investisseurs domestiques, un niveau parmi les plus élevés du continent. -
Volkswagen poursuit son poker menteur sur l’avenir de son outil industriel
Le premier constructeur automobile allemand cherche à adapter son profil de production pour redevenir compétitif. Syndicats, actionnaires et direction rivalisent de projets quant à l’ampleur des suppressions d’emplois à consentir. Avec la question sous-jacente des fermetures d’usines en Allemagne. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Wall Street ouvre la porte vers les ETF sur les humanoïdes chinois
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée -
EditorialChefs d'entreprise, enrichissez-vous !
Tous partagent l'idée qu'il suffit d'aligner les promesses pour réguler l'économie par le haut