La Grande-Bretagne se positionne sur le marché de la finance islamique

Le gouvernement va émettre pour 200 millions de livres de sukuks à cinq ans dans les prochaines semaines
Solenn Poullennec

La Grande-Bretagne devrait lancer une émission d’obligations islamiques (sukuks) à cinq ans équivalente à 200 millions de livres dans les prochaines semaines. L’opération en ferait le premier pays non-musulman à émettre ce type d’instruments.

Vieux déjà de plusieurs années, le projet de la Grande-Bretagne de promouvoir la finance permettant aux investisseurs musulmans de respecter leurs principes religieux, a été relancé à l’automne dernier par le chancelier de l’Echiquier, George Osborne. Il avait alors dévoilé son intention d’émettre un sukuk souverain. Lors de son traditionnel discours devant les représentants de la City à Mansion House la semaine dernière, il a confirmé que ce projet se concrétiserait «dans les prochaines semaines, en fonction des conditions de marché».

«Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne soit le centre occidental pour la finance chinoise mais aussi pour la finance islamique», a-t-il déclaré. De quoi faire du pays «le centre incontesté de la finance internationale». L’industrie de la finance islamique croît de 17% par an et pourrait peser 2.670 milliards de dollars d’ici à 2017, selon PricewaterhouseCoopers. Les marchés les plus importants de cette industrie sont aujourd’hui la Malaisie, l’Iran ou l’Arabie Saoudite. Barheïn et Dubaï tentent aussi de s’y faire une place. Parmi les juridictions non musulmanes, le Luxembourg, Hong Kong et l’Afrique du Sud ont exprimé leur souhait d’émettre des sukuks souverains.

«Les obligations islamiques souveraines vont agir comme un catalyseur pour que les entreprises en fassent autant – développant davantage l’usage des sukuks comme classe d’actifs sur les marchés de capitaux internationaux et aidant à promouvoir les investissements étrangers dans les infrastructures britanniques», défendait à l’automne dernier George Osborne.

L’émission devrait offrir un rendement «dans l’ensemble équivalent» à celui d’une obligation britannique conventionnelle de même maturité, a précisé le Trésor à Bloomberg. Le rendement du sukuk proviendra des revenus de location de trois propriétés du gouvernement. HSBC, Barwa Bank, CIMB, la banque nationale d’Abou Dhabi et Standard Chartered ont été mandatés pour l’opération.

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