La gestion française compte 200 sociétés de plus qu’il y a cinq ans
Paris confirme son dynamisme dans la gestion d’actifs entrepreneuriale. Fin 2014, la Place comptait 634 sociétés de gestion, soit 30% de plus qu’il y a dix ans, selon les chiffres définitifs du rapport annuel de l’Association de la gestion financière (AFG), rendu public mardi soir. Outre les filiales de groupes bancaires et d’assurance, l’essentiel du tissu est désormais composé de plus de 450 structures entrepreneuriales de taille petite ou moyenne.
Pas moins de 48 sociétés ont vu le jour en France l’an dernier, un record inégalé depuis 2010. Au total, plus de 200 sociétés ont été créées en cinq ans, soit plus qu’au cours des cinq années précédentes marquées par le début de la crise financière, en 2008. En net, le nombre de nouvelles sociétés de gestion atteint seulement 21 unités en 2014 (contre 5 à 9 par an les années précédentes), en raison de fermetures et fusions de gestionnaires d’actifs.
La hausse du nombre d’acteurs «s’explique pour une large part par la mise en conformité, y compris par nombre de celles qui n’y étaient pas contraintes, des sociétés de gestion avec la directive AIFM [sur la gestion alternative, Ndlr], explique l’AFG. En effet, les deux tiers des créations correspondent à des sociétés spécialisées, notamment immobilières, de titrisation, forestières et de capital investissement». Fin 2014, 268 sociétés basées en France avaient obtenu un agrément AIFM, souligne l’association. Elles représentaient alors un tiers du bataillon des sociétés européennes déjà agréées. En outre, 500 fonds alternatifs de gestionnaires français bénéficiaient déjà du passeport européen.
Si la gestion française exporte ses produits, elle délocalise aussi de plus en plus ses fonctions support et administratives pour accéder à de nouveaux marchés et abaisser ses coûts. Pour la première fois, la France est passée l’an dernier au troisième rang européen de la domiciliation des fonds de placement, avec 14% de parts de marché derrière l’Irlande (14,6%) et le Luxembourg (27,3%), selon les données de l’Efama (Association européenne des fonds et de la gestion d’actifs) et de l’AFG. En outre, l’Allemagne talonne désormais Paris avec une part de marché de 13,9%, en légère érosion depuis la crise financière en 2008. Pour l’Hexagone, le constat est sévère. La France s’arrogeait 20% des domiciliations de fonds en 2008 et devançait encore le Luxembourg, il y dix ans.
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