La gestion d’actifs mondiale bat des records d’encours et de profits

La France se distingue par sa décollecte et l’Europe par sa rentabilité plus faible, selon l'étude annuelle de McKinsey sur la gestion d’actifs
Amélie Laurin
La gestion d’actifs a signé en 2013 sa meilleure année. Fotolia.
La gestion d’actifs a signé en 2013 sa meilleure année. Fotolia.  - 

La gestion d’actifs a signé en 2013 sa meilleure année. Au niveau mondial, «les encours sous gestion ont atteint en fin d’année le plus haut niveau jamais atteint, à 46.400 milliards d’euros, grâce à l’effet marché et à une collecte qui se rapproche des niveaux d’avant la crise, déclare Pierre-Ignace Bernard, directeur associé senior chez McKinsey, qui dévoile aujourd’hui son étude annuelle sur la gestion d’actifs.

Les flux nets du secteur en 2013 s'élèvent à 900 milliards d’euros, contre 1.200 à 1.400 milliards par an avant 2008, mais la collecte représente seulement 2,2% des encours de début d’année, contre 4% en moyenne avant la crise financière.

Toutes les grandes régions affichent une bonne dynamique commerciale l’an dernier, avec des ventes nettes égales à 2% des actifs gérés an Amérique du Nord et dans les pays émergents, et à 3% en Europe. Quatre marchés font toutefois grise mine: la Chine (-1%), le Japon (-4%), la Suisse (-2%) et la France (-1%). «La Suisse a connu une demande institutionnelle modérée en 2013 et une décollecte de la part des particuliers, explique Pierre-Ignace Bernard, Quant à la France, elle a toujours un problème auprès des particuliers, très rétifs au risque». Avec une collecte égale à 20% des encours en Espagne et à 6% en Italie, l’Europe du Sud s’est bien redressée, tandis que l’Allemagne et le Royaume-Uni se maintiennent (+4%).

Globalement, le secteur continue à afficher une rentabilité très supérieure à celle des banques et assureurs. Ses bénéfices ont crû de 16% l’an dernier, à 46,9 milliards d’euros, un nouveau record historique. «Seule l’Europe n’est pas revenue à sa profitabilité d’avant la crise en raison de son mix produit moins bien rémunéré et de la pression exercée par les institutionnels sur les frais de gestion», précise le consultant de McKinsey.

Pour infléchir la tendance, il préconise de «continuer à rechercher les économies d'échelle et de compétences » et, côté revenus, de «porter l’effort sur les classes d’actifs plus pointues aux marges plus importantes» comme les fonds alternatifs et «solutions» sur mesure. Au-delà de l’attrait pour l’épargne des pays émergents, «les gestionnaires doivent réfléchir à aller directement au contact des particuliers comme le font Fidelity ou Vanguard aux Etats-Unis, en se passant des distributeurs et en misant sur les canaux directs», plaide Pierre-Ignace Bernard.

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