La gestion active affûte ses arguments face à la gestion passive
Dans le cadre de la future révision de la directive sur les marchés financiers MIF 2, les discussions vont bon train au niveau européen sur le thème de l’équivalence des modèles de distribution en termes de coûts : «on sent que se confirme à Bruxelles l’idée que le produit le moins cher est toujours préférable pour le client et on voit se dessiner une réglementation dans laquelle le distributeur et/ou le conseiller devra justifier chaque recommandation d’un fonds de gestion active» explique Arabelle Conte, chef du pôle distribution et relations clients à l’AFG, «or, contrairement aux idées reçues, la gestion passive, malgré ses prix, n’est pas toujours performante».
Une étude réalisée par le cabinet BSD Investing va dans ce sens et remet ainsi en question les approches actuellement utilisées sur le marché pour choisir entre ces styles de gestion. Selon le cabinet, ces approches reposent «sur des simplifications et des erreurs méthodologiques qui ne permettent pas d’aboutir à une comparaison équitable des performances des fonds actifs et passifs».
A la place, BSD Investing propose une nouvelle méthodologie destinée à corriger ces biais : «il était important de sortir du clivage entre gestion passive et gestion active» explique Marlène Hassine Konqui, directrice générale associée au sein de BSD Investing, « chaque style de gestion a ses avantages et peut créer de la valeur». Cette approche permet aux investisseurs d’accéder à une nouvelle base de données plus fiable, capable de retraiter soigneusement les informations sur les fonds (sélection des classes de parts, retraitement des erreurs ou des données manquantes, inclusion des frais....). La méthode repose aussi sur l’utilisation de l’indice officiel du fonds plutôt qu’un indice large et la comparaison des fonds actifs aux fonds passifs et non aux indices. Enfin, le cabinet a également développé un nouvel indicateur permettant de capturer toutes les opportunités d’investissement sur toute la période et non pas à date fixe.
Différence moins marquée
Sur la base de cette méthodologie, l’analyse des performances des classes d’actifs et des catégories au cours des dix dernières années démontre que les résultats des fonds actifs/passifs sont ainsi beaucoup moins tranchés que les idées reçues. Exemple : en moyenne, parmi les 31 univers étudiés au cours des dix dernières années, 38% des gérants actifs ont surperformé les gestions passives. Or, sur la base des hypothèses de marché standard, le pourcentage n’est que de 13% : «la conclusion d’investissement n’est donc pas la même si l’on prend en considération l’un ou l’autre cas» explique Marlène Hassine Konqui.
«Ces travaux complémentaires démontrent que le placement de l’épargne en ETF avec un robo-advisor, qui semble avoir les faveurs de la Commission européenne, n’est pas et ne doit pas être présenté comme le modèle unique d’investissement», estime Arabelle Conte, «que ce soit sous l’angle des coûts ou de la performance, les distributeurs doivent être en mesure de proposer aux épargnants plusieurs solutions».
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