La France repousse dans le temps la réduction des dépenses
Avec seulement 10 milliards d’euros d’économies, contre 20 milliards de hausses d’impôt auxquelles il faut ajouter 6,3 milliards de mesures déjà votées, le volet dépenses du budget 2013 peut laisser sceptique. «Le focus sur les impôts est unique en France, relevaient hier les économistes d’UBS. La hausse des recettes ne représente qu’un quart de l’ajustement en Grande-Bretagne, et la moitié en Italie, en Espagne ou en Irlande».
Alors que le tour de vis fiscal va se traduire dès 2013 par une hausse de 2,4 points du taux de prélèvement (à 46,3% du PIB), la baisse du ratio de dépenses publiques est reportée à la fin du quinquennat : de 56,3% en 2012 et 2013 à 53,6% en 2017. Et encore, seulement si la croissance de 2% par an prévue dès 2014 dans les projections de Bercy est au rendez-vous…
Les 10 milliards d’euros de baisse des dépenses correspondent à un gel des dépenses en valeur, hors pensions et charge de la dette, ce qui exclut l’effet bénéfique de 2 milliards en 2013 lié à la faiblesse des taux d’emprunt de la France. Mais ils ne proviennent pas en totalité d’un amaigrissement de l’Etat. L’économie est de 2,8 milliards sur les dépenses de fonctionnement et de 2,2 milliards dans la défense. L’investissement (-1,2 milliard) correspond à l’arrêt de projets non financés. Restent deux autres postes où ce qui tient des vraies économies et du tour de passe-passe est difficile à démêler. Dans les 2 milliards pris sur les «interventions de l’Etat» figurent par exemple des exonérations pour les entreprises agricoles, dont la suppression équivaut à une ponction fiscale. Même flou pour la «participation d’autres entités»: on y trouve le gel de la dotation aux collectivités, mais aussi la ponction de 150 millions d’euros sur le Centre national du cinéma.
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