La France doit conserver la confiance des investisseurs japonais
S&P a été vendredi la première agence à s’attaquer une deuxième fois à la dette française en reléguant sa note à AA, après lui avoir fait perdre son «AAA» en janvier 2012. Moody’s avait dégradé la France à Aa1 en novembre 2012 et conserve une perspective négative sur la note, alors que Fitch, qui a été la dernière à suivre le mouvement en juillet 2013, accorde une perspective stable au AA+ attribué à la dette française. La perspective de S&P a néanmoins été remontée à «stable», ce qui semble assurer son maintien en zone AA sur les deux prochaines années.
Cette décision n’a en outre pas entraîné de hausse notable du rendement de l’OAT à 10 ans, qui s’élève à 2,18%. «L’écart entre le rendement des obligations d’Etat françaises à 10 ans et celui des obligations allemandes cote à un niveau de 61 points de base en ligne avec les 65 pb affichés par l’indice composite des obligations souveraines notées AA», ajoute ING. Le spread avait grimpé à plus de 150 pb fin 2011.
En outre, «la dette française reste un des rares refuges pour les investisseurs étrangers soucieux d’éviter la dette du gouvernement fédéral américain ou les spreads serrés de la dette allemande, tout en profitant d’un marché liquide», explique Aurel BGC. Les investisseurs japonais notamment, qui font face à des taux domestiques réels négatifs, en ont été friands : les membres de l’association des investment trusts (Toushin), par exemple, ont accru leur portefeuille d’emprunts d’Etat français de 80% entre janvier 2012 et septembre 2013.
Détenue à 63% par les investisseurs étrangers, la dette française est néanmoins sur la corde raide à moyen terme. Les investisseurs japonais, qui détiennent des contraintes de qualité de crédit obligatoire dans leurs portefeuilles d’actifs, pourraient ainsi «se retirer aussitôt qu’ils estiment qu’il existe un risque que la notation de la France tombe sous le seuil AA», avertit ING. En août, ils ont d’ailleurs été vendeurs nets d’obligations françaises à hauteur de 1,5 milliard d’euros, après des achats nets de 4,5 milliards en juillet.
Par ailleurs, la décision prise par S&P pourrait avoir un impact mécanique sur les obligations du FESF, la France ayant un poids de 22% dans le fonds. Lorsque l’agence avait dégradé la note française à AA+ début 2012, le Fonds européen de stabilité avait perdu son statut AAA quatre jours après. On peut donc s’attendre à «un écartement des spreads du FESF», estime ING.
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