La France capitalise sur le marché des obligations indexées

Une nouvelle OATei 15 ans va être syndiquée. L’inflation faible contribue encore cette année à faire baisser la charge de la dette par rapport au budget
Alexandre Garabedian

L’Agence France Trésor profite de la demande pour les obligations indexées sur l’inflation. L’AFT a annoncé hier la syndication, dans les prochains jours, d’un nouvel emprunt de référence à 15 ans indexé sur l’indice des prix européens. BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, Nomura et la Société Générale seront chefs de file de l’opération. La dernière syndication du genre remontait à début 2011 pour un linker, là encore une OATei à 15 ans. L’AFT s’est également appuyée sur des banques l’an dernier pour placer un emprunt classique à 30 ans.

«Sur 2014, nous avons adjugé 8,3 milliards d’euros de titres indexés, soit 8,5% des montants émis. Nous respecterons l’objectif d’environ 10% du programme», indiquait le 2 juin Ambroise Fayolle, directeur général de l’Agence France Trésor, dans un entretien à L’Agefi . Alors que l’inflation est tombée à 0,5% en zone euro, le marché des linkers est en ébullition. L’Espagne vient de rejoindre la France, l’Allemagne et l’Italie au rang des émetteurs de la zone euro, dont les volumes levés devraient passer de 37 milliards en 2013 à 56 milliards cette année, selon les prévisions des analystes de SG CIB. «L’environnement actuel de quête de rendement se traduit par une bonne demande relative pour les indexées de maturité plus longues», écrit la banque dans une étude datée du 6 juin.

Les titres indexés ont un autre avantage pour la France. Ils contribuent en ce moment à réduire le coût de la dette par rapport aux prévisions budgétaires. L’inflation publiée, qui sert à calculer la rémunération des obligations, est en effet aujourd’hui inférieure à l’inflation figurant dans les prévisions du gouvernement. Or cet effet joue sur l’ensemble du stock de linkers (177 milliards à fin mars, soit 11,8% de l’encours géré par l’AFT), alors que les taux de marché inférieurs aux taux budgétés ne s’appliquent, eux, qu’aux émissions nouvelles.

En 2013, la charge de la dette avait été inférieure de 1,9 milliard à la prévision de 46,9 millards, dont 1,3 milliard grâce à l’effet inflation sur le coût des indexées. Sur le premier semestre, l’effet positif joue encore car la prévision d’indice des prix dans la loi de Finances 2014 était à 1,3%. Le projet de loi de Finances rectificative (PLFR) présenté ce matin en Conseil des ministres ne devrait cependant pas comporter de révision drastique des perspectives de taux 10 ans ou d’inflation, pour rester prudent sur le coût attendu de la dette.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...