La France boucle une adjudication record d’obligations à 10 ans
Les taux longs se sont nettement détendus hier, sous la barre de 3%, après l'émission d’une nouvelle OAT de référence
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Violaine Le Gall
L'épisode de stress sur les obligations d’Etat françaises semble terminé. Les adjudications à 7, 8 et 10 ans de l’Agence France Trésor ont hier été très bien accueilles par le marché. En particulier, un montant record de 5,7 milliards d’euros a été adjugé lors de la première émission de la nouvelle OAT à 10 ans, à maturité avril 2022. Le ratio de couverture sur cette nouvelle ligne ressort à 1,71, légèrement supérieur à celui obtenu début janvier. L'émission a été mise à prix avec un rendement de 3,13%, contre 3,29% début janvier et 3,18% début décembre 2011 lors des dernières émissions à dix ans. «Le rendement sous la barre de 3,15% suggère une concession minimale», estime Luca Jellinek, responsable de la stratégie taux européens chez Crédit Agricole CIB.
Sur les trois lignes proposées, le ratio de couverture s’est établi à 2,40. Au total, 7,96 milliards d’euros ont été placés hier, soit un montant en haut de la fourchette initiale de 6,5-8 milliards d’euros. Il s’agit «dans l’ensemble d’une adjudication solide qui semble indiquer une baisse des inquiétudes sur la France et constitue un bon soutien aux obligations d’Etat ‘core’ en général», ajoute le spécialiste.
Sur le marché secondaire, la dette française s’est en effet bien comportée. Le rendement à 10 ans s’est resserré hier de 13 points de base (pb) à 2,89 %, contre un sommet à 3,70% fin novembre. Le spread OAT/Bund a également diminué hier de 14 pb à 104,5 pb.
Depuis le début de l’année, la France a émis 27,2 milliards d’euros de dettes à plus d’un an sur un programme 2012 de 178 milliards d’euros. L’AFT table sur un taux moyen à dix ans de 3,70% en 2012.
L’Espagne a également sollicité le marché hier, avec un succès plus mitigé. Elle a émis 4,6 milliards d’euros de dettes à 3 et 5 ans, un montant légèrement supérieur à la fourchette de 3,5-4,5 milliards d’euros donnée au préalable par le Trésor. Mais l’adjudication n’a pas égalé les opérations du début d’année pour lesquelles la demande avait explosé, la détente sur les rendements espagnols commençant à s’essouffler. Les taux longs sont passés de 6,70% fin novembre à moins de 5%. Hier, après l’adjudication, les rendements se tendaient de 9 pb à 4,88%. En termes absolus, les résultats sont tout à fait satisfaisants, relativise Luca Jellinek.
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