La Française cède LFIS à ses dirigeants
Indépendance. Le groupe La Française devait choisir : intégrer complètement sa filiale LFIS (au départ appelée La Française Investment Solutions), ou lui rendre son indépendance. C’est finalement cette dernière solution qui l’a emporté. Spécialisée dans les offres à haute technicité, la structure, qui pèse 11 milliards d’euros d’encours, est aujourd’hui rendue à ses fondateurs, Sofiene Haj Taieb et Arnaud Sarfati, a dévoilé Patrick Rivière, le président du directoire de La Française, dans un entretien accordé à NewsManagers.
A sa création en 2013 par ces deux anciens de la Société Générale, LFIS était détenue à 51% par La Française et à 49% par ses fondateurs. Mais depuis 2019, le groupe a décidé d’alléger progressivement sa part au capital de la structure. Aujourd’hui, La Française ne détient plus que 20% de LFIS, tout en continuant d’en assurer le support informatique et opérationnel, «pour assurer une transition en douceur», déclare Patrick Rivière. A terme, La Française sortira totalement du capital de LFIS et cédera sa participation restante à un autre actionnaire.
Cette cession s’inscrit dans un mouvement de plus long terme engagé par La Française depuis 2018. A l’époque, son actionnaire, le Crédit Mutuel Nord Europe, a fusionné son activité d’assurance avec celle des Assurances du Crédit Mutuel. Cela a conduit à une perte de 10 milliards d’euros d’actifs pour La Française. C’est à ce moment que la société s’est engagée dans un processus de cession de ses actifs non stratégiques et d’intégration totale de ses activités cœur, à savoir l’immobilier et la gestion financière. Elle a, par exemple, pris le contrôle complet de sa plate-forme immobilière internationale détenue conjointement à son lancement avec Forum, pour rassembler toutes ses opérations immobilières sous la banière de La Française Real Estate Managers.
D’autres cessions l’an dernier
Côté cessions, la société s’est séparée en 2019 de sa plate-forme Cholet Dupont Partenaires (CDP) et de sa participation dans le gérant alternatif Tages Capital.
La décision de vendre LFIS n’a pas été aussi simple à prendre. A travers cette structure, la Française proposait à ses investisseurs des solutions sur mesure, élaborées avec des produits structurés ou des stratégies alternatives. Or cette offre avait sa place parmi celles proposées par groupe. Mais cela n’avait pas de sens, pour les fondateurs de LFIS de céder la totalité de leurs parts à La Française, et de perdre en autonomie en réintégrant un ensemble plus grand. Car c’est justement pour gagner en liberté qu’ils avaient quitté la Société Générale en 2013.
Malgré cela, La Française ne craint pas les conséquences de cette nouvelle perte d’actifs. «Nous avons montré qu’il était tout à fait possible d’absorber un tel mouvement. Ainsi entre fin 2017, quand LFIS représentait déjà 10 milliards, et septembre 2020, nos encours ont bien résisté en tenant compte également de la sortie de CDP et de la perte du mandat assurantiel en passant de 64 milliards à 51 milliards », explique Patrick Rivière.
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