La forme et la fiscalité de l'épargne longue divisent assureurs, banques et politiques
L'épargne longue aura un rôle important à jouer en France dans les années à venir. Alors que l’Etat doit se désendetter et que les nouvelles réglementations découragent les investissements à long terme des banques et les assureurs, elle est la «bonne réponse» puisqu’elle finance l'économie, expliquait il y a quelques jours Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) lors des rencontres parlementaires sur l'épargne et la fiscalité.
La forme que doit prendre cette épargne longue, et, par conséquent, la fiscalité à appliquer sur ses différents supports, font cependant débat. Pour les assureurs, l’assurance vie doit bien sûr rester l’outil privilégié. «Il ne faut pas déstabiliser ce qui existe», prévient Bernard Spitz. «L’assurance vie est un pilier du financement de notre économie», ajoute Gérard Bekerman, président de l’Afer, qui dénonce le «matraquage» sur l’assurance vie depuis 1981.
Pour Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général de la commission des Finances, le placement préféré des Français, et plus largement l'épargne, ne doivent plus subir d’alourdissement des prélèvements. «Les prélèvements obligatoires sur l'épargne en France sont deux fois plus importants qu’en Allemagne, sauf sur l’assurance vie», observe-t-il. A cette exception également, «il est faux de dire que l'épargne est moins taxée que le travail», ajoute-t-il. L’UMP présentera ses propositions en matière fiscale le 11 avril.
Le parti socialiste a quant à lui rappelé ses objectifs. «Nous voulons aligner la fiscalité marginale des revenus du capital sur celui du travail, ce qui correspond à une atténuation des niches existantes», a rappelé Karine Berger, économiste et conseillère au sein de l'équipe de campagne de François Hollande. Pour financer les PME, le parti socialiste mise sur le doublement du plafond du livret de développement durable, rebaptisé livret d'épargne industrie.
Les banques elles aussi ont besoin de l'épargne des Français. «Les banques ne reçoivent que 30% des dépôts des ménages», un problème lorsque le marché se ferme et devient peu liquide explique Olivier Klein, directeur général banque commerciale et assurances du groupe BPCE. Le banquier s’inquiète aussi d’une hausse du plafonnement des livrets d'épargne. «Si l’on ne change pas le mode d’affectation en faveur des banques, on assèche le financement des banques aux PME et aux TPE», prévient-il.
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