La force de frappe du fonds de secours européen reste à 90% intacte
Le fonds de secours européen permanent n’a utilisé qu’une toute petite partie de ses capacités de financement pour aider, jusqu’ici avec succès, les pays européens. Les ministres des Finances de la zone euro ont accordé leur satisfecit à la gestion du mécanisme européen de stabilité (MES) hier lors de la réunion du conseil des gouverneurs.
Le MES a été créé à la fin de l’année 2012 pour remplacer de manière permanente le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Les deux fonds ont prêté à ce jour 230 milliards d’euros à la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et Chypre. Alors que l’Irlande, l’Espagne et le Portugal en ont terminé avec leur programme d’aide, le FESF n’a plus qu’à débourser 3,8 milliards d’euros pour la Grèce, et le MES 4,2 milliards d’euros pour Chypre.
Le MES n’a prêté que 50 milliards d’euros à ce jour alors qu’il a une capacité de prêt de 500 milliards d’euros. «90% de la puissance de feu de l’ESM sont toujours prêts à être utilisés et c’est rassurant pour les marchés», a souligné son directeur Klaus Regling. Le rapport annuel du fonds approuvé hier assure par ailleurs qu’avec un peu plus de 80 milliards d’euros de capital apporté à ce jour, il est l’institution financière internationale la mieux capitalisée.
Le document estime les bénéfices de l’aide apportée aux pays sous programme par rapport à ce qu’aurait pu leur coûter un financement sur les marchés. Ainsi, la Grèce qui bénéficie d’un report du paiement des intérêts de 10 ans, a «économisé» 8,6 milliards d’euros soit 4,7% de son PIB en 2013, grâce aux prêts à taux très bas du FESF.
Les fonds vont continuer à faire rouler leur dette sur les marchés pour faire face à la maturité très longue de leurs prêts. Pour 2014 et 2015, le FESF devrait émettre 49 milliards d’euros et son successeur 39 milliards. «Notre activité de financement restera intense», a expliqué Klaus Regling.
Sous réserve que tous les Etats membres l’approuvent, le MES, qui peut déjà aider aux recapitalisations bancaires par le biais des Etats, pourra injecter directement des fonds dans les banques, notamment si l’exercice de revue de qualité des bilans menée par la Banque centrale européenne révélait des besoins en capitaux importants. «Nous y travaillons et bien sûr nous serons prêts lorsque cela sera nécessaire», a assuré Klaus Regling.
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