La Fondation de France frappe fort dans l’investissement à impact
C’est le plus gros ticket unitaire pris par un institutionnel dans l’impact investing en France. La Fondation de France (FdF) a lancé un fonds à impact social et environnemental de 100 millions d’euros, baptisé France 2i, dont elle a confié la gestion à la société d’investissement Raise. L’institution, qui affiche autour de 2 milliards d’euros d’actifs financiers et 200 millions d’actifs immobiliers, ne comptait à fin 2018 que 36 millions d’investissements à impact, par le biais de fonds d’infrastructures.
«Après avoir mis en cohérence nos missions et notre politique de gestion financière ces dernières années, nous souhaitons franchir un cap en investissant directement au capital de structures qui interviennent au service de l’intérêt général. Il s’agit pour la Fondation de France de se doter d’un nouvel outil d’intervention», explique Olivier Neumann, son directeur financier.
Chez Raise, une équipe dédiée de six personnes menée par Eric Coisne sera chargée de déployer France 2i en six ans. D’une durée de vie de quinze ans, le fonds n’investira que dans des instruments de capital, en tant que minoritaire. Il prévoit d’allouer 10% de son portefeuille à de jeunes sociétés réalisant moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires ; à 40% environ, dans d’autres fonds à impact présents dans des zones ou des secteurs dont le gérant n’est pas un expert ; et pour moitié dans des PME reconnues comme des entreprises à mission au sens de la loi Pacte, ou ayant engagé une transformation de leur modèle afin d’avoir un impact positif et non plus négatif sur leur écosystème. Son champ d’action sera mondial.
Le fonds vise un objectif de rendement d’environ 3% à 5%. Loin des taux de rendement internes à deux chiffres du capital investissement traditionnel, mais bien au-dessus du taux des emprunts d’Etat. France 2i devrait boucler sa première prise de participation dans les tout prochains jours et deux à trois autres d’ici à juillet. Raise a déjà examiné une centaine de dossiers.
«Avec ce premier véhicule d’impact investing géré par Raise, nous voulons avoir un véritable effet d’entraînement sur ce marché. Si d’ici cinq ans nous arrivons à lever 200 à 300 millions d’euros supplémentaires pour l’impact, la Fondation de France aura initié un acteur unique en Europe», indique Gonzague de Blignières, cofondateur de Raise. France 2i sera ouvert aux fondations abritées par la FdF.
Plus d'articles du même thème
-
L’égalité des sexes dans les conseils d’administration des sociétés cotées perd du terrain
Le fonds de pension suédois AP2 publie son indice sur la représentation féminine. Il alerte sur le recul des femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées suédoises. -
La philanthropie se réinvente autour de la culture et de l’environnement
Historiquement centrée sur l’action sociale, la santé ou l’éducation, l’industrie de la philanthropie s’est progressivement transformée au cours des dernières décennies, avec une diversification croissante des causes soutenues. -
Permira investit dans la branche commerciale du CDP
Le spécialiste de l'évaluation de l'impact environnemental des entreprises CDP (ex-Carbon Disclosure Project) se scinde entre un organisme caritatif, qui demeurera indépendant, et une branche commerciale adossée au gérant alternatif Permira. -
Des investisseurs institutionnels interpellent les chefs d'Etat sur le marché européen du carbone
Quarante-neuf investisseurs, dont CNP Assurances et l'Ircantec, appellent les dirigeants européens à préserver un système d'échange de quotas d'émissions robuste avant sa révision prévue en juillet. -
Eurosif consolide sa présence nordique en accueillant le forum danois Dansif
Le forum européen de l’investissement durable est désormais présent dans 13 pays et travaille avec plus de 400 organisations européennes partenaires issues de l’industrie de l’investissement durable. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
Contenu de nos partenaires
-
In folioAlexandre Guy : la course du rat
Les romans qui mettent en scène un médecin sont légion, ceux qui racontent la glissade d’un personnage en crise aussi. Autant dire qu’Alexandre Guy, en s’aventurant sur ce terrain encombré, n’a pas choisi la facilité. Il s’en sort en dosant parfaitement ses effets -
L'état de l'EtatLe garde des Sceaux doit-il devenir le procureur général de la nation ?
« L’indépendance de l’autorité judiciaire », affirmée par l’article 64 de la Constitution, ne signifie aucunement qu’il ne devrait exister aucune politique pénale. Celle-ci est une composante de « la politique de la nation » -
Le « Brinkmanship », ou le risque du jusqu’au-boutisme en relations internationales
À Evian, Trump brandit la menace tarifaire en pleine négociation sur Ormuz tandis que la Russie attaque Kiev. En relations internationales, « politique de la corde raide » a ses adeptes