La Financière de l’Echiquier vise 15 milliards d’euros d’encours en 2015
La Financière de l’Echiquier a confirmé en 2010 son redressement entamé l’année précédente. Grâce à une collecte nette de 700 millions d’euros (contre 46 millions en 2009) et un effet marché positif d’un montant proche, la société de gestion fondée par Didier Le Menestrel en 1991 affichait au 31 décembre 2010 un encours de 4,8 milliards. Soit une progression de 45% en un an.
Ce montant est encore loin du record de 6,2 milliards atteint en octobre 2007, mais le trou d’air de 2008 – une décollecte historique de 1,8 milliard, pour 2,4 milliards de fonds sous gestion – est effacé. Ainsi, le projet de développement annoncé en 2007, puis suspendu pendant la crise financière, a été réactivé. Il compte notamment sur le développement de la clientèle institutionnelle.
Celle-ci «est encore émergente chez nous. Nous n’occupons pas la part de marché que nous devrions avoir», explique Didier Le Menestrel, qui précise que la société a adapté ses procédés de contrôle et son organisation au niveau requis par cette clientèle. En ordre de bataille, la Financière de l’Echiquier entend capter 1% du marché «ouvert» des institutionnels en 2015, soit environ 15 milliards d’euros. L’objectif de collecte pour 2011 est compris entre 1,5 et 2 milliards.
Dans cette perspective, la prospection à l’étranger tient une place importante. Le gestionnaire dispose déjà de mandats pour des clients situés en Allemagne, en Belgique et Luxembourg, en Italie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, et au Canada. La prospection vient de débuter aux Pays-Bas. Dans les années à venir, les dirigeants nourrissent également de grands espoirs vis-à-vis de l’Espagne (où ils sont déjà actifs), en particulier auprès des family offices.
Didier Le Menestrel, qui, avec le directeur général délégué Christian Gueugnier, contrôle encore 57% du capital de la Financière de l’Echiquier, s’est déclaré ouvert à une opération de croissance externe «qui nous apporte un savoir-faire différent, comme dans les hedge funds ou auprès d’institutionnels. La Banque d’Orsay [vendue par West LB à Oddo fin 2010] aurait pu nous intéresser, mais on ne nous l’a pas proposée», ironise-t-il, plus méfiant quant à la possibilité d’une cession. «L’indépendance est notre carte maîtresse. Elle garantit l’alignement d’intérêt, très populaire dans les pays anglo-saxons», insiste le dirigeant.
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