La finance reste exclue de l’accord de libre-échange transatlantique
Pour contrer la fronde des députés européens de gauche, Karel de Gucht a décidé de soumettre le régime de protection des investisseurs inclu dans le traité de libre-échange transatlantique (TTIP) à une consultation publique. «Je suis parfaitement d’accord avec les nombreuses critiques d’après lesquelles les accords de protection de l’investissement ont débouché sur quelques exemples très inquiétants de procédures contre des Etats», a expliqué le commissaire au Commerce. Et d’ajouter: «Nous devons garantir que le droit du pays de légiférer dans l’intérêt public est pleinement préservé».
La consultation lancée jeudi dernier vise à préciser le concept de «traitement juste et équitable» dont l’interprétation est au centre de plusieurs procédures opposant des Etats à des sociétés multinationales et à encadrer le travail des cours arbitrales. Le même jour, le président américain en visite à Bruxelles avait lui aussi tenté de rassurer. «Les gens ont des questions légitimes… Je n’ai pas l’intention de signer une législation qui fragilise la protection des consommateurs ou de l’environnement», a déclaré Barack Obama.
Outre la protection des investisseurs, l’inclusion des services financiers dans l’accord divise Européens et Américains. «Notre but n’est pas de définir la substance des standards internationaux… mais de créer un cadre institutionnel pour les régulateurs aux Etats-Unis et en Europe de façon à ce que les règles fonctionnent ensemble», expliquait récemment la Commission. Mais Washington rejette le principe ne serait-ce que d’une négociation sur les procédures et les critères d’équivalence entre normes financières. Le sujet n’a pas été débattu lors du dernier round de négociation qui s’est déroulé à Bruxelles mi-mars, le quatrième depuis leur lancement en juillet 2013.
Les chances que cet accord, qui vise avant tout à lever les barrières non tarifaires aux échanges, soit conclu avant le prochain cycle électoral américain de 2016 restent incertaines. Côté américain, «tout dépend du «fast-track», tant pour le TTIP et pour le TPP avec la région Asie Pacifique. De surcroît, l’appétit pour le TTIP est plus grand en Europe qu'à Washington. Pour l’instant, tout le monde se demande si l’USTR (le département du Commerce) et le Congrès se montreront réellement proactifs et ouverts», explique Jacques Pelkmans, chercheur au Center for European Policy Studies.
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Finaltis reprend Kirao AM
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française