La Fed lève le voile sur ses doutes après la faillite de Lehman
Les membres du comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale étaient très incertains sur les perspectives économiques et financières aux lendemains de la chute de Lehman Brothers. C’est ce que montrent les comptes-rendus de la réunion du mardi 16 septembre 2008, qui ont été publiés avec tout ceux de 2008 la semaine dernière.
«D’un côté, je pense qu’il serait inapproprié d’augmenter les taux aujourd’hui. C’est tout simplement trop tôt, nous n’avons pas assez d’informations. De l’autre côté, baisser les taux serait une étape très importante qui enverrait un signal très fort», avait alors défendu le gouverneur de la Fed, Ben Bernanke. «C’est déjà une semaine historique et la semaine vient seulement de commencer», soulignait de son côté le gouverneur Eric Rosengren. Pour ce dernier, il était clair que la faillite de Lehman Brothers ainsi que les difficultés de Fannie Mae, Freddie Mac et AIG auraient un «impact significatif sur l’économie réelle» et qu’il fallait baisser les taux de 25 pb.
Plusieurs gouverneurs arguaient qu’il serait plus opportun, quitte à baisser les taux, de le faire de 50 pb. C’était l’avis du gouverneur Evans, qui a cependant recommandé le statu quo. «Je pense que nous devrions être considérés comme avançant de façon bien calculée. L’incertitude actuelle est telle que je ne pense pas que nous ayons assez d’informations pour faire ce type d’avancée aujourd’hui», assurait-il. L’actuelle patronne de la Fed, Janet Yellen, avait aussi plaidé lors de cette réunion pour le maintien de taux. Ce n’est qu’au mois d’octobre que le comité de politique monétaire a décidé abaissé les Fed funds de 50 points de base, à 1,50%, avant de les ramener à leur niveau actuel (0-0,25%) au mois de décembre.
Les banquiers centraux apparaissent aussi partagés sur le sort imposé à Lehman Brothers : «Je pense que ce que nous avons fait avec Lehman est bien. Cela a eu un effet sur l’idée que se font les participants de marchés de la probabilité que d’autres entreprises obtiennent une aide», assurait Jeffrey Lacker. «Je pense qu’il est trop tôt pour savoir si ce que nous avons fait était bien. Dans la mesure où le Trésor ne voulait pas payer, ce qui s’est passé c’est que nous n’avons pas eu le choix», arguait de son côté Eric Rosengren. Et Ben Bernanke de déplorer à plusieurs reprises l’absence de directive claire pour gérer les institutions systémiques en difficulté.
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