La Fed affûte ses outils en vue de la normalisation de sa politique monétaire
Le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed a donné pouvoir à sa nouvelle présidente, Janet Yellen, d’étendre le programme expérimental d’opérations de «reverse repo» mené par la Fed de New York depuis septembre et destiné à piloter de manière plus fine l’évolution future des taux courts en retirant des liquidités. «Tout changement du taux offert ou des limites d’offres fixées aux contreparties devra obtenir l’aval du président (de la Fed)», indiquent les minutes de sa dernière réunion.
Le programme de facilités («ON RRP») qui permet à la Fed de mettre en pension une partie du stock de titres du Trésor accumulés à son bilan auprès de 139 contreparties éligibles, à un taux fixé entre zéro et 0,05%, a été allongé d’un an. La limite des offres soumises par chaque participant a été relevée de 3 milliard à 5 milliards de dollars. «Les discussions sur le «ON RRP» suggèrent que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il devienne «full allotment» (sans limite d’allocations) et considéré comme un outil de politique monétaire de guidage des taux de marché», estime BNP Paribas.
Dans le cadre de l’opération menée le 31 décembre, les fonds monétaires représentaient 139 des 198 milliards de dollars servis en titres, et 74 des 102 participants. Si les «Federal Home Loan Banks» qui représentent 75% du marché des Fed funds manquent à l’appel, la banque centrale vante le succès de ces opérations. Celles-ci servent de test à un éventuel changement de taux de référence permettant de mieux contrôler l’utilisation des liquidités massives injectées dans le système financier dans le cadre de son programme de rachats d’actifs.
Outre l’engagement renouvelé de mener le «tapering» à terme, les minutes font apparaître un durcissement du discours des faucons qui souhaitent remonter les taux directeurs dès mi-2014. Même si cette idée reste très minoritaire, elle incite la Fed à réfléchir au retour à la normale.
«La Fed n’a jamais resserré sa politique monétaire, ou même tenté de maintenir les taux courts en territoire négatif, avec un montant si abondant de liquidités dans le système financier», s’inquiétaient en décembre Brian Sack et Joseph Gagnon, deux anciens responsables de la Fed. Ils prônaient un abandon des Fed funds au profit du taux «reverse repo» et l’utilisation conjointe du programme IOER de rémunération à un taux de 0,25% de la liquidité excédentaire déposée par les banques.
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