La Fed accentue le mouvement de repli des devises émergentes
Les minutes de la Fed publiées hier ont une nouvelle fois fait chuter les devises des pays émergents, notamment la lire turque, le real et la roupie
Publié le
Patrick Aussannaire
La Fed joue les pompiers pyromanes. En souhaitant revenir à une politique monétaire plus standardisée avec l’amélioration progressive des conditions économiques aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine a allumé un incendie dans les pays émergents, qui voient la valeur de leurs monnaies respectives se déprécier à un rythme violent. Et les minutes de la dernière réunion du FOMC n’ont pas calmé ces tensions, au contraire.
A la frontière de l’Europe, la lire turque chutait ainsi à 1,99 hier soir contre dollar, et accuse une dépréciation de 12% depuis mai. En Amérique Latine, la chute du real est également vertigineuse. Il a perdu 20% de sa valeur contre dollar depuis le début de l’année et 23% depuis mai, pour tomber hier à son plus bas niveau depuis décembre 2008. En Asie, la roupie indienne ne cesse de battre ses records de faiblesse. Elle est tombée mercredi soir à une parité record de 65, et s’est dépréciée de 20% depuis mai.
Le mouvement a commencé le 22 mai dernier lors de la première évocation par Ben Bernanke d’un prochain ralentissement suivi de l’arrêt de la politique de rachats d’actifs mise en place par la Fed. Depuis début juin, les investisseurs particuliers ont retiré 18,1 milliards de dollars des fonds obligataires investis dans les pays émergents, soit un tiers du montant total investi depuis la crise financière, selon EPFR Global. Les investisseurs institutionnels ont eux retiré 9,3 milliards, soit 10% des actifs investis depuis la crise. «Les sorties de capitaux (des pays émergents) que nous constatons commencent vraiment à devenir impressionnantes», estime Andrew Milligan, responsable de la stratégie chez Standard Life Investments.
Morgan Stanley estime que, depuis début mai, les banques centrales des pays émergents (hors Chine) ont perdu quelque 81 milliards de dollars de réserves d’urgence par l’effet cumulé des fuites de capitaux et des interventions sur le marché des changes. Un montant qui représente 2% de l’ensemble des réserves totales des banques centrales de ces pays. Parmi eux, l’Indonésie a ainsi perdu 13,6% de ses réserves, alors que 12,7% des réserves turques ont été consommées, 10% des réserves ukrainiennes et 5,5% des réserves indiennes entre la fin du mois d’avril dernier et fin juillet. Une situation qui pèse sur la croissance, Citigroup ayant abaissé ses prévisions de hausse du PIB des pays émergents à 4,6% cette année et 5% en 2014.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
A Strasbourg, l'assemblée générale annuelle de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, le navire amiral du groupe, est une grand-messe destinée à mobiliser les élus et les salariés. Le digital, l'IA et la concurrence des néobanques ont émaillé tous les discours.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Les marchés actions ont effacé la correction de mars pour repartir à l’assaut des sommets, notamment Wall Street, portés par une vague de bénéfices exceptionnels et une forte révision à la hausse des perspectives, grâce à l’IA. Mais cette euphorie ne doit pas occulter les nombreux risques encore à l’œuvre.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
La justice va désormais prendre le relais de la police pour juger les casseurs. L’an dernier, Gérald Darmanin avait jugé les peines « pas à la hauteur »