La faiblesse des niveaux de volatilité touche toutes les classes d’actifs
Est-ce le calme avant la tempête ? L’indice de volatilité actions VIX est tombé à 12,42 hier, et affiche une baisse de 13% depuis le début de l’année, malgré une hausse de l’indice S&P 500 de 2%. Un phénomène persistant puisque, à 14,5, la moyenne de l’indice sur trois mois glissants est inférieure à sa moyenne de long terme de 21 points depuis mars 2012, alors que le S&P progressait de 40% sur la période.
Le marché actions n’est pas le seul touché. L’indice Move mesurant la volatilité implicite sur les obligations d’Etat américaines a chuté de 15 points depuis le début de l’année pour revenir à 58,2, soit 30 points en dessous de sa moyenne de long terme. Sur le marché des changes, la volatilité implicite à un mois de l’euro-dollar est tombée à 5,02 début mai, au plus bas depuis mars 2007 et inférieure de moitié à sa moyenne de long terme.
Sur les actions, les taux et les changes, la volatilité implicite et réalisée est ainsi revenue sur ses niveaux de 2007, avant le début de la crise. «Si des périodes de faible volatilité ont déjà été constatées, ce qui est frappant c’est qu’elle touche en même temps un large spectre de classes d’actifs, surtout les changes, celle des actions étant moins inhabituelle», précise Goldman Sachs. Or, «historiquement, lorsque les investisseurs n’anticipent plus de risque, la probabilité d’une sur-réaction des marchés à la moindre mauvaise nouvelle augmente», rappelle Aurel BGC.
Pourtant, ce niveau semble se justifier par le contexte macroéconomique actuel. La «forward guidance» instaurée par la Fed et la BCE, «qui n’ont jamais eu une crédibilité aussi forte», a ainsi réduit la perception du risque par les investisseurs, selon Aurel BGC. Goldman Sachs ajoute que, contrairement à 2007, la faible volatilité s’explique par la reprise de l’activité aux Etats-Unis caractérisée par un resserrement de l’«output gap» et un recul du taux de chômage, ainsi que par la forte baisse des tensions en zone euro.
La courbe forward sur le S&P, le change et le taux 10 ans montre des volatilités anticipées à 2 ans qui sont, elles, loin des plus bas de 2007. Goldman Sachs note ainsi que le premier risque d’une hausse brutale de la volatilité, concentré sur les taux et les changes, réside dans une sortie prématurée de la politique accommodante de la Fed, liée à un rebond plus fort que prévu de l’inflation. La réaction des marchés à l’annonce du tapering de la Fed en mai 2013 l’a montré.
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle