La facture des litiges liés aux RMBS continue de gonfler pour les banques
Morgan Stanley a révélé la semaine dernière qu’elle avait trouvé un accord «de principe» avec l’administration américaine et s’apprêtait à payer 2,6 milliards de dollars pour mettre un terme à une affaire concernant la vente de RMBS. Si la transaction est bien confirmée, elle ferait passer à près de 40 milliards de dollars la facture acquittée par les banques ces dernières années pour mettre fin aux poursuites du département de la Justice (DoJ).
L’administration américaine a apporté une attention particulière à la question de la commercialisation des titrisations. En 2012, elle a mis en place un groupe dédié aux titrisations de crédits immobiliers résidentiels (le RMBS Working Group) qui a officialisé ses premières poursuites à l’automne 2012 à l’encontre de JPMorgan. En novembre 2013, la banque a accepté de payer 13 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites «liées à la structuration, au marketing, à la vente et à l’émission de RMBS par JPMorgan, Bear Stearns et Washington Mutual avant le 1er janvier 2009». Au titre de l’accord, JPMorgan a dû reconnaître qu’à plusieurs reprises, des prêts qui n’auraient pas dû l’être avaient été titrisés, et ce sans qu’aucune information appropriée n’ait été apportée aux investisseurs.
Alors que Goldman Sachs et Credit Suisse pourraient aussi débourser des sommes importantes pour mettre un terme aux poursuites du DoJ à l’avenir, l’année 2014 a été marquée par la conclusion de deux accords majeurs. En juillet dernier, Citigroup a accepté de payer 7 milliards de dollars et de reconnaître qu’elle avait titrisé des prêts résidentiels sachant qu’ils présentaient des «défauts». Dans son communiqué, le DoJ souligne que le comportement de la banque «a contribué à la crise». Un mois plus tard, Bank of America a accepté de débourser 16,65 milliards de dollars dans une affaire de vente de RMBS et de CDO (collateralized debt obligations) l’impliquant ainsi que ses anciennes et actuelles filiales, Countrywide et Merrill Lynch. La banque a aussi dû reconnaître qu’elle avait fait des présentations trompeuses à Fannie Mae, Freddie Mac ainsi qu’à la Federal Housing Administration au sujet de la qualité des prêts qu’elle avait accordés.
Les sommes exigées par le DoJ s’ajoutent à celles des transactions signées avec la Federal Housing Finance Agency qui supervise Fannie Mae et Freddie Mac, ainsi qu’à celles de transactions signées avec le régulateur des marchés, la SEC.
{"title":"","image":"82007»,"legend":"Titrisations. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La BCE se résout à relever ses taux
La banque centrale a augmenté ses taux directeurs de 25 points de base, comme attendu. Une hausse présentée par Christine Lagarde comme un signal et non comme une hausse préventive. Elle ne donne pas d’indication sur ses prochains mouvements. Le marché en attend deux autres cette année. -
Les projections économiques de la BCE sont revues à la baisse
Le nouveau scénario économique du personnel de la BCE approche de la stagflation. Malgré tout, ces projections sont encore jugées trop optimistes. -
Les dépassements d’honoraires mettent le financement de la santé sous tension
La dynamique des dépassements d’honoraires en santé n’est plus soutenable. C’est le constat sans appel du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie publié le 9 juin. Ce dernier propose trois scénarios pour les réguler, avec des implications différentes pour les complémentaires santé. -
Les marchés péruviens confiants avant le résultat de l’élection présidentielle
Les deux candidats Keiko Fujimori et Jorge Sanchez sont arrivés au coude-à-coude. Le résultat définitif ne devrait pas être connu avant fin juin. Les investisseurs ont déjà voté pour les politiques favorables aux marchés de la candidate conservatrice. -
La blockchain n'a pas attendu Wall Street pour faire débuter l'introduction en Bourse de SpaceX
Les investisseurs adeptes des paris sur les marchés de prédiction ont eu accès dès le début de cette semaine à des jetons, représentant fictivement la future action SpaceX. Ces jetons ne leur donnent toutefois aucun accès à la propriété sur les titres réels. -
Maurel & Prom et Mersen retrouvent le SBF 120
Si le conseil scientifique des indices ne touche pas au CAC 40 pour sa revue trimestrielle, il renouvelle le SBF 120 avec les deux entrées de Maurel & Prom et Mersen qui en chassent Elior et Nexity.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Fleurance, FranceLyhanna, les coulisses d’un séisme politique
Pendant dix jours, la France a vécu au rythme des révélations sur la mort de la fillette de 11 ans, abasourdie par les ratés de l’enquête. Retour sur ce fait divers devenu une affaire d’Etat