La discussion sur la libération de réserves de pétrole apaise déjà le marché
De nouvelles déclarations ont entretenu hier la possibilité d’une libération des réserves stratégiques de pétrole des 28 pays membres de l’Agence internationale de l'énergie (AIE). «Il y a aujourd’hui de bonnes perspectives, notamment pour que les Etats-Unis et l’Europe s’accordent sur cette solution», a indiqué hier matin le Premier ministre François Fillon.
Deux jours auparavant, Barack Obama et David Cameron avaient discuté de cette option pour calmer la hausse des cours liée à l’inquiétude sur l’Iran. Le bruit autour d’une éventuelle libération des réserves obligatoires a en tout cas déjà apaisé le marché. A New York, le prix du baril a baissé en deux jours de 3,6% à 103,4 dollars, à son plus bas niveau depuis le 16 février. La baisse des cours de Mer du Nord a été plus modeste, à 122,8 dollars.
«Les Etats occidentaux devraient continuer de discuter d’une libération des réserves stratégiques afin que la baisse des cours se poursuive, observe Xavier Le Blan, directeur général délégué chez Prim’Finance. Le prix du pétrole a un effet direct sur la croissance, surtout aux Etats-Unis.»
Le passage à l’action ne semble toutefois pas imminent. Les représentants de l’AIE ont encore récemment rappelé qu’il n’y avait pas de nécessité de libérer les réserves stratégiques. Le 28 mars, Berlin a par ailleurs indiqué qu’il n'était pas au courant d’une demande américaine concernant une ouverture des stocks et qu’il ne croyait pas que la situation actuelle justifie une telle action au regard de la loi allemande. «De notre point de vue, il n’y a pas de rupture physique de l’approvisionnement pour le moment», a expliqué à Reuters un porte-parole du gouvernement. En juin dernier, l’AIE avait décidé de libérer 60 millions de barils après l’arrêt de la production en Libye, une décision qui avait apaisé les cours, avant qu’ils ne tombent sous la barre de 80 dollars en août à New York sur fond de crise boursière.
«A court terme, nous nous attendons à une détente, les Etats montrant leur détermination à agir pour calmer la hausse. Nous voyons le niveau plancher à 95 dollars pour le WTI. Si ce scénario se réalise, les cours devraient ensuite remonter rapidement. De fait, si le pétrole baisse, la demande augmentera, ce qui amènera les marchés à revoir à la hausse leur perspective de croissance, d’où une remontée des cours», explique Xavier Le Blan.
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