La désinflation continue de sévir au sein de la zone euro

La déflation s’est aggravée en Espagne et au Portugal et menace l’Italie, dans un contexte d’inquiétudes quant à la fragilité de l’activité
Patrick Aussannaire
Désinflation en zone euro
Désinflation en zone euro  - 

La désinflation s’accentue au sein de la zone euro, en attendant les effets des dernières mesures exceptionnelles prises par la BCE. L’inflation a reculé en Allemagne de 0,2 point sur le mois de juillet pour revenir à 0,8% dans sa version harmonisée. En France, elle est restée stable à 0,5%, alors que les pays périphériques replongent en zone de déflation. En Italie, l’inflation est désormais nulle, alors qu’en Espagne, elle est repassée en zone de contraction à hauteur de 0,3% sur un an, et à hauteur de 0,9% au Portugal. Natixis ajoute en outre que «cette évolution inquiétante s’est produite en dépit de la baisse, depuis mai, de l’euro», qui a ainsi perdu 4,2% contre dollar.

Si ce recul est principalement dû à des facteurs externes, tels que la baisse des prix énergétiques ou le choc lié à la crise en Ukraine, il s’accompagne d’inquiétudes grandissantes quant à la fragilité de la reprise économique au sein de la zone. La nouvelle chute de 0,3% de la production industrielle en juin en zone euro clôture un trimestre décevant, après celle de 1,1% déjà enregistrée en mai et «n’augure rien de bon pour les chiffres de croissance du deuxième trimestre qui sont publiés aujourd’hui», indique ING qui ajoute que dans ce contexte, «une croissance du PIB de 0,2% semble improbable». Natixis prévoit notamment une contraction du PIB allemand de 0,2%.

Pourtant, «il est difficile d’anticiper que la BCE fasse davantage au cours des prochains mois», estime RBS qui précise que l’autorité doit attendre le résultat de ses opérations de TLTRO qui débuteront en septembre ainsi que celui des stress tests en octobre. Seule une accélération des travaux préparatoires en vue d’un lancement du programme de rachats d’ABS avant la fin de l’année est envisagée. En outre, la BCE fait également face à une forte résistance de la part des pays du nord de l’Europe et notamment de l’Allemagne.

Dans un entretien accordé au Monde, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a estimé que «la zone euro n’est pas dans un scénario déflationniste». Il a néanmoins récemment indiqué que les salaires allemands peuvent croître de 3% sans mettre en péril l’objectif d’inflation. Un soutien précieux, alors que les anticipations d’inflation formulées par les prévisionnistes professionnels interrogés par la BCE sont en chute constante depuis fin 2012, même si elles demeurent à 1,8% à horizon 5 ans.

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