La croissance britannique pourrait pousser la BoE à agir dès le début de 2015
La croissance de l’économie britannique au troisième trimestre est la plus forte enregistrée depuis trois ans. Ce dynamisme fait dire à certains économistes que la Banque d’Angleterre (BoE) sera amenée à revenir sur sa politique monétaire ultra-accommodante plus tôt que prévu.
Le PIB britannique a crû de 0,8% au troisième trimestre, par rapport au trimestre précédent. Tous les secteurs d’activités étaient en croissance, y compris celui de la construction. Celui des services est même retourné très légèrement au-dessus du pic atteint début 2008 avant le retournement économique. La hausse du PIB sur un an est de 1,5% alors que l’année dernière était celle des Jeux olympiques à Londres.
«Dans l’ensemble, l’accélération de la croissance économique renforce l’idée qu’une reprise plus durable s’installe», écrivent les économistes de RBS qui parient sur une croissance autour de 1% d’ici à la fin de l’année. Le Fonds monétaire international (FMI) table sur une hausse du PIB de 1,4% en 2013 et de 1,9% en 2014. Pour certains, la dynamique de la croissance montre que la BoE pourrait resserrer sa politique monétaire plus tôt que prévu en relevant son taux directeur, à 0,5% aujourd’hui. Dans le cadre de sa politique de «forward guidance», elle a expliqué qu’elle ne l’envisagerait pas tant que le taux de chômage serait au-dessus de 7%. Il atteignait 7,7% en août.
«Il y a des chances pour que le chômage passe en dessous de 7% dès le début de 2015», explique l’économiste d’ING, James Knightley, qui envisage même une hausse des taux au premier trimestre 2015. «Le resserrement de la politique pourrait intervenir plus tôt que ce qu’indiquait le rapport sur l’inflation d’août», soit dans trois ans, estime également l’économiste de Barclays, Blerina Uruçi.
Le chef économiste de RBC Capital Markets se montre plus prudent: «L’idée qui justifie les prévisions du comité de politique monétaire reste inchangée: les trois premiers trimestres de 2013 apparaissent cohérents avec une reprise graduelle de la demande plus faible que celle observée lors d’une reprise typique». Et d’ajouter que l’évolution de la productivité, qui s’est effondrée en Grande-Bretagne et sera déterminante pour la baisse du chômage, est toujours incertaine.
«Le PIB réel est toujours de 2,5% inférieur à son pic, ce qui représente la plus mauvaise performance pour une économie du G7, Italie mise à part», note par ailleurs, George Buckley, chez Deutsche Bank.
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