La croissance américaine poursuit son rythme graduel

Après le Beige Book hier soir, les investisseurs se tourneront vers la réunion de Jackson Hole
Antoine Duroyon
Ben Bernanke, président de la Fed. Photo: Bloomberg News
Ben Bernanke, président de la Fed. Photo: Bloomberg News  - 

Le Beige Book a relativisé hier soir l’espoir d’un QE3 à court terme suscité la semaine passée par les «minutes» de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). Ce bulletin de santé de l’économie américaine, établi sur les bases de données recueillies courant août auprès des douze banques régionales, dresse le constat d’une croissance se poursuivant de manière graduelle. Si l’activité de détail s’est bien comportée dans l’ensemble, le secteur manufacturier a souffert.

Sur le plan de l’activité économique, «les ventes au détail, dont celles d’automobiles, ont progressé depuis le dernier Beige Book». De nombreuses régions ont fait état «d’un certain fléchissement dans l’activité manufacturière, que ce soit un ralentissement du taux de croissance ou un déclin du niveau des ventes», nuance le rapport. Pour l’essentiel, ce ralentissement est imputé à une demande en berne en provenance de l'étranger. Les marchés ont peu réagi au rapport de la Fed, les rendements obligataires progressant légèrement et le Dow Jones terminant la séance quasiment étale (+0,03%).

D’un point de vue géographique, Philadelphie et Richmond ont été les régions les moins enjouées, soulignant «une croissance faible dans la plupart des secteurs et un déclin dans l’industrie». En revanche, six régions ont témoigné d’une «poursuite de la croissance à un rythme modeste», tandis que trois autres, dont Chicago, ont évoqué une croissance «modérée».

Ce constat d’une économie américaine se développant à un rythme graduel vient corroborer le sentiment des économistes. Le panel Bloomberg table sur une croissance de 1,8% au troisième trimestre et de 2,1% au quatrième trimestre.

Le département du Commerce a annoncé hier le relèvement de 0,2 point en deuxième estimation, à 1,7%, du taux de croissance du PIB en rythme annualisé sur le trimestre avril-juin. La progression plus forte qu’estimé des exportations a compensé un ralentissement du mouvement de restockage des entreprises. Au premier trimestre, la croissance avait atteint 2%. Sur le front de l’immobilier, Dallas a assisté à «des niveaux significatifs de trafic acheteur», tandis que Richmond a rapporté «de nombreuses ventes en cours».

Avec un marché du travail qui «a tenu bon ou a crû légèrement» dans la plupart des régions, le rapport fournit une preuve supplémentaire quant au fait que la croissance économique reste faible, estime Yelena Shulyatyeva, économiste chez BNP Paribas. Cette dernière a relevé 43 variantes du terme «faible» dans ce rapport rédigé par le président de la Fed de Boston Eric Rosengren, partisan d’une ligne agressive au sein du FOMC bien que membre non votant.

A ce stade, l’hypothèse d’un nouveau round d’assouplissement quantitatif ne peut pas être écartée. Lors de leur réunion des 31 juillet et 1er août, les membres du FOMC avaient estimé qu’une action supplémentaire pourrait être justifiée «dans un avenir proche» sans preuve tangible d’une amélioration «significative et durable» de la reprise.

Dans l’immédiat, les investisseurs se tourneront vers le président de la Fed, Ben Bernanke, qui doit s’exprimer demain dans le cadre de la traditionnelle conférence des banquiers centraux prévue à Jackson Hole. La prochaine réunion du FOMC se tiendra à Washington les 12 et 13 septembre.

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