La crise des monolines paralyse le marché du crédit
Du fait de l'élargissement actuel des marges de crédit et des risques de nouvelles liquidations forcées, le marché primaire est déserté par les émetteurs
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Tân Le Quang
La nervosité sur le marché du crédit est encore montée d’un cran la semaine dernière, les réflexions autour d’un démantèlement des assureurs monoline exposés à des dégradations de notation faisant craindre de nouvelles pertes pour les banques. « Les banques, qui ont fait assurer leurs portefeuilles dédiés aux produits structurés, pourraient annoncer encore de nouvelles dépréciations si l’activité de rehaussement de crédit des titrisations au sein des assureurs monoline était séparée du reste des activités », explique Bertrand Michaud, analyste crédit chez Aurel. Après avoir annoncé des dépréciations d’actifs massives à la suite de la crise des subprimes, les banques sont ainsi exposées à une deuxième vague de risques. La divulgation par la banque suisse UBS d’une exposition nette totale aux rehausseurs de crédit de 3,6 milliards de dollars la semaine dernière avait d’ailleurs commencé à inquiéter les investisseurs.
L’indice iTraxx Series 8 à 5 ans couvrant les valeurs financières a crû de plus de 13 pb vendredi à 103,3 pb, un record depuis son émission. L’iTraxx Europe Crossover, qui suit 40 entreprises européennes de catégorie high yield, a enregistré son plus haut le même jour en bondissant de plus de 10 pb à 574 pb. Lundi, la volatilité restait extrême, les indices flirtant encore avec ces niveaux. « Le marché est toujours en zone de perturbation et particulièrement vulnérable à une nouvelle phase de liquidations que déclencheraient des nouvelles négatives dans le secteur bancaire, avec les monolines, ou des craintes de débouclages techniques de positions. Nous pensons que l’indice Crossover européen peut casser le seuil des 600 si l’une de ces hypothèses se matérialisait », note Dresdner Kleinwort.
Au bout du compte, les émetteurs, dans ce contexte d’élargissement des marges de crédit généralisé à tous les secteurs, ne se précipitent pas aux portes du marché primaire. Mis à part l’évocation sur le marché d’une émission en euros de taille « benchmark » que préparerait Municipality Finance, un véhicule de financement des autorités locales finlandaises, aucune autre opération n’est venue enrichir le pipeline. « Le marché primaire est actuellement très pauvre et devrait le rester tout au long du premier semestre, du moins tant qu’il n’y aura pas de dénouement positif dans la crise des monoliners », ajoute Bertrand Michaud.
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