La coûteuse dérive des règles du jeu financier
780 milliards de dollars. C’est le coût annuel des divergences de réglementation financière entre les grandes régions du monde. L’estimation provient d’une étude réalisée par le groupe de représentation des grandes entreprises auprès de l’OCDE, l’Organisation pour la coopération et le développement économique. Le chiffrage recouvre à la fois les charges directes supportées par les banques et les assureurs, par exemple en frais de personnel, et le coût indirect pour le financement de l’économie.
La divergence prend plusieurs formes. Il peut s’agir de règles différentes entre l’Europe, la Chine ou les Etats-Unis sur des sujets tels que le droit de la concurrence ou le fonctionnement des marchés financiers. La situation s’est encore compliquée depuis la crise financière, qui a engendré une avalanche de textes que chaque pays a ensuite interprétés à sa manière. Et ce n’est pas fini : banques, assureurs et gestionnaires d’actifs se préparent à payer des armadas d’avocats et consultants pour faire face aux conséquences du Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne laisse prévoir une dérive progressive des règles en vigueur de part et d’autre de la Manche.
Autre forme de divergence, l’incohérence au sein d’une même juridiction. Prenons l’objectif du gouvernement de mieux flécher l’épargne des Français vers le financement des entreprises. Les réformes de la fiscalité du capital et de l’impôt sur la fortune, déjà votées, constituent un puissant soutien à ce retour espéré vers les actions. La loi Pacte en préparation doit permettre de faire sauter quelques verrous supplémentaires. Mais la réglementation européenne sur les fonds propres des assureurs, entrée en vigueur en 2015, les décourage d’investir en actions alors que ces groupes sont les mieux placés pour financer le capital des entreprises. Sur ce sujet comme sur tant d’autres, il serait temps que législateurs et régulateurs financiers accordent leurs violons.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP -
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.