La Cour des comptes juge sévèrement les performances du FRR
C’est le chiffre qui fâche: 3,1%. Il s’agit de la performance annualisée moyenne dégagée par le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) entre juin 2004 et fin 2010, une rentabilité inférieure au coût des emprunts d’Etat français. De quoi nourrir l’appréciation sévère portée par la Cour des comptes sur le FRR dans son rapport annuel publié hier. Même si la performance de cet investisseur de long terme doit plutôt s’apprécier sur une durée de vingt à trente ans.
La Cour des comptes relève notamment que la lenteur du déploiement du FRR l’a conduit à investir avec retard et en période de cours élevés. «Les portefeuilles n’ont été activés dans leur totalité qu’en 2007, au moment où les cours de bourse étaient au plus haut», écrivent les Sages. Le Fonds a ensuite réagi tardivement au déclenchement de la crise, ne commençant vraiment à diminuer son exposition aux actions qu’en octobre 2008.
Enfin, l’autorité fustige le coût et la qualité de la gestion administrative et financière du Fonds, assurée par la Caisse des dépôts.
Mais elle n’exonère pas non plus l’Etat de ses responsabilités. Celui-ci n’a pas fixé de cadre clair au Fonds de réserve – et notamment un horizon de décaissements. Les dotations dont devait bénéficier le FRR ont vite été revues à la baisse, et l’établissement a été déstabilisé à plusieurs reprises par des rumeurs de ponction. «Dans ce contexte, les dirigeants du FRR, qui géraient un organisme à vocation financière en ne connaissant pas précisément le rythme et l’ampleur des décaissements à venir, ont été enclins à prendre des risques pour maintenir la rentabilité du Fonds et à en justifier l’existence par le niveau élevé de ses performances financières», indique le rapport.
L’adossement à la Caisse d’amortissement de la dette sociale, décidé fin 2010 dans le cadre de la réforme des retraites, ne convainc pas davantage la Cour des comptes. «Le raccourcissement de son horizon de passif réduit les chances du Fonds de retrouver une performance annualisée satisfaisante», estime-t-elle.
Le 13 décembre, le FRR a adopté une nouvelle allocation: 61% en obligations, pour couvrir 83% de la valeur actualisée du passif, et le reste en actifs de performance diversifiés (actions, dette publique émergente, high yield, matières premières non agricoles, immobilier coté) avec une hausse prévue de l’exposition aux émergents.
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