La Cour des comptes épingle l’héritage budgétaire de François Hollande
Dans son rapport sur l’exécution du budget de l’Etat en 2017, publié mercredi, la Cour des comptes dresse un constat sévère de l’héritage budgétaire du précédent gouvernement, dénonçant une envolée des dépenses de l’Etat en 2017 qui a fortement freiné l’amélioration du déficit budgétaire malgré le dynamisme des recettes fiscales lié à la reprise économique. Si l’exercice 2017 a couvert à la fois la fin du quinquennat de François Hollande et les premiers mois de celui d’Emmanuel Macron, c’est bien à la précédente majorité qu’incombe l’accélération des dépenses l’an dernier, juge la Cour. «La progression rapide des dépenses traduit à la fois des choix opérés en loi de finances initiale [votée fin 2016, ndlr] et la nécessité de couvrir en cours d’année les risques» de dérapage identifiés dans son audit de juin 2017.
Ces dérapages ayant atteint 6,4 milliards d’euros, la nouvelle équipe gouvernementale a dû «mobiliser un vaste éventail de mesures» l'été dernier pour les financer et «remédier aux éléments d’insincérité» que la Cour avait pointés. Sur les seuls budgets des ministères (hors dette et pensions), la dépense a augmenté à un rythme inédit depuis 2007, de 4,8%, à 10,6 milliards d’euros. Une évolution notamment portée par la hausse de 3,9% des dépenses de personnel, «plus qu’au cours des six dernières années cumulées», liée à la mandature précédente. La hausse a aussi concerné les dépenses de fonctionnement (+4,7% à périmètre constant).
Cette forte augmentation a été «plus que compensée» par la progression des recettes (en hausse de 14,4 milliards d’euros, contre 5,5 milliards attendus initialement) sous l’effet du bond des rentrées fiscales avec l’accélération de la croissance et d’une baisse des prélèvements sur recettes destinés à l’Union européenne et aux collectivités locales. Résultat : un solde budgétaire de 67,7 milliards d’euros, contre 69,1 milliards en 2016 et 69,3 milliards prévus dans la loi de finances initiale pour 2017. Ce chiffre ne tient cependant pas compte d’une recette de 1,5 milliard d’euros de droits de mutation à titre gratuit qui n’a pas été comptabilisée du fait d’un problème informatique.
La Cour des comptes met également en garde le gouvernement actuel: «les perspectives de redressement des finances de l’Etat pour les années à venir dépendront de la capacité réelle à maîtriser la dépense». Globalement, «la trajectoire budgétaire de l’Etat reste fragile, tant pour les recettes que pour les dépenses», observe la Cour en épinglant le «relâchement» de l’effort de maîtrise des dépenses fiscales dans la loi de programmation des finances publiques 2018-2022.
Plus d'articles du même thème
-
EQT décroche la gestion du fonds Scaleup Europe
La société d'investissement suédoise pilotera le plus grand fonds deeptech jamais monté en Europe, dont les premiers investissements sont maintenant attendus à l'automne. -
Stellantis produira à partir de 2028 un nouveau véhicule électrique compact pour le marché européen
Le modèle, baptisé E-Car, sera produit en Italie. Le groupe s'apprête à présenter sa nouvelle feuille de route stratégique. -
La plateforme Smart Private Assets de Crystal référence un nouveau fonds
Le groupe a signé un accord de distribution avec EQT pour son fonds EQT Nexus ELTIF Infrastructure. -
Axiom AI recrute un commercial pour la Suisse
La société de gestion Axiom Alternative Investments (Axiom AI) a recruté Alexandre His pour intensifier sa présence sur le marché suisse, en particulier sur le segment des gérants tiers et des family offices. Basé à Genève, il est rattaché à Pauline Vadot, directrice du développement de l’activité d’Axiom AI à l’international. -
Le conglomérat indien Adani met un terme à ses déboires judiciaires aux Etats-Unis
Le groupe faisait l'objet de plusieurs procédures. Il a accepté de payer 275 millions de dollars et se serait engagé à investir 10 milliards de dollars aux Etats-Unis. -
Uber grimpe à 19,5% de son concurrent Delivery Hero
Le groupe américain pourrait continuer à monter au capital du spécialiste allemand de la livraison à domicile mais il ne compte pas franchir le seuil des 30%.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreOlivier Babeau : « TotalEnergies ne doit pas être le bouc émissaire de l'impuissance de l'Etat »
« Si l'Etat a besoin d'argent, est-ce l'imprévisibilité fiscale et la ponction conjoncturelle sur quelques entreprises prospères qui y remédieront ? », interroge le professeur à l’université de Bordeaux, essayiste et fondateur de l’Institut Sapiens. -
« L’économie française résiste » malgré « des vents de face », assure Roland Lescure
Depuis le G7 Finances à Paris, mardi 19 mai, le ministre de l'Economie a affirmé sur BFMTV qu'il n'y avait « ni stagflation ni récession en France », même si la guerre au Moyen-Orient « n'est pas une bonne nouvelle pour les taux d'intérêt » -
Dans les pas d’une bottière globe-trotter
Paula Perier-Latour est bottière chez Berluti. Tous les trois mois, elle quitte son atelier parisien pour aller rencontrer ses clients « sur mesure ». Nous l’avons suivie à Londres.