La Cour des comptes chinoise tacle la gestion du fonds souverain CIC

Un rapport souligne des insuffisances de responsabilisation de l’encadrement des investissements ainsi qu’une stratégie manquant de prudence
Benoît Menou

La toute puissance financière du fonds souverain China Investment Corp, à la tête de plus de 600 milliards de dollars d’actifs, ne le met nullement à l’abri de la révélation au grand jour d’un talon d’Achille. Pour preuve, la publication hier d’un rapport par l’Office national de l’audit, la Cour des comptes chinoise, critiquant les pratiques d’investissement de CIC.

Le document fait état tant de «manquements aux devoirs» par certains cadres que d’examens préalables imparfaits des cibles d’investissement (due diligences) ou de faible suivi du portefeuille, le tout sur fond de manque de responsabilisation et de stratégie «pas assez prudente». Douze investissements, non identifiés, réalisés à l’étranger entre 2008 et 2013 sont particulièrement visés, leur gestion maladroite ayant entraîné des pertes, non chiffrées.

Le rapport se désole par ailleurs dans d’autres cas de procédures «pas très standards» de sélection des gestionnaires externes, et épingle la gestion d’investissements réalisés en Chine par certaines entités du fonds s’aventurant en dehors de leur univers autorisé pour soutenir des projets immobiliers.

Certes, l’Office national de l’audit, qui a mis en lumière en parallèle hier des pratiques irrégulières de prêts de la part de deux banques (Bank of China et Agricultural Development Bank of China), a reconnu que ces dernières, comme le fonds souverain, avaient déployé des efforts depuis l’inspection menée l’an dernier. Pour autant, Li Jie, responsable du centre de recherche sur les réserves de changes à l’université centrale de finance et d’économie de Pékin, souligne que le rapport concernant CIC «envoie un message relativement négatif à tout le monde». A ses yeux, «il semble que des problèmes ont été détectés à chaque étape du processus, ce qui pourrait venir d’une mauvaise conception du système plutôt que simplement d’erreurs humaines».

Fondé en 2007 dans le cadre d’une gestion plus active de la montagne de réserves de changes du pays, China Investment Corp aurait engrangé l’an dernier une performance supérieure à 8% de ses engagements à l’étranger (après -4,3% en 2011 et +10,6% en 2012).

Accompagnant cette semaine le Premier ministre chinois Li Keqiang en visite officielle à Londres, le patron du fonds souverain, Ding Xuedong, a fait part mardi dans une tribune publiée par le Financial Times d’une nouvelle orientation stratégique vers le secteur agricole.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...