La Commission européenne veut promouvoir le marché de la titrisation
La Commission européenne envoie un message positif aux acteurs du marché de la titrisation qui n’ont de cesse de critiquer l’impact néfaste de la régulation européenne pour leur activité. Dans un livre vert publié la semaine dernière sur le financement à long terme de l’économie européenne, Bruxelles suggère de promouvoir davantage la titrisation, notamment celle qui sert au financement des PME. Ces pistes de réflexion restent cependant très vagues.
Les investissements à long terme s’entendent, selon la Commission, comme «des dépenses qui accroissent la capacité productive de l’économie», par exemple dans les secteurs de l’énergie, du transport, de la communication, ou de l’éducation. Ces investissements, indispensables à la croissance, pourraient être menacés si les marchés ne permettent pas de les réaliser alors que les banques sont en pleine réorganisation. Dans ce contexte, la Commission déplore que les marchés européens de la titrisation soient «peu développés par rapport à d’autres régions du monde, ce qui limite encore la gamme d’instruments de financement à long terme disponibles».
Elle ouvre donc le débat sur les différents moyens de revitaliser le marché mais en privilégiant les «produits de titrisation fondés sur des structures claires et sans levier et sur des actifs sous-jacents bien choisis, diversifiés et à faible risque». La Commission fait notamment allusion au label de qualité (PCS) qui s’impose doucement en Europe. Elle suggère aussi de développer des nouveaux instruments de titrisation pour les PME et propose que «les véhicules de crédits structurés satisfaisant aux critères en matière d’investissement dans les PME industrielles d’intérêt européen pourraient se voir attribuer des labels européens».
Alors que beaucoup de spécialistes s’inquiètent de l’impact de Bâle 3 sur le marché, Bruxelles assure enfin que «la nécessité d'élaborer des règles et une surveillance prudentielle adéquates sont des questions qui méritent considération». Elle a demandé à l’autorité européenne des assurances (Eiopa) de revoir les exigences en fonds propres appliquées à la titrisation dans le cadre de Solvabilité 2.
La consultation est ouverte jusqu’au 25 juin. Même si elle est saluée par l’organisation qui représente les grandes banques, l’AFME, ses débouchés sont incertains. La Commission ne sait pas encore si elle fera de nouvelles propositions législatives ou de simples recommandations.
{"title":"","image":"79554»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union Européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
La Commission européenne a présenté le 3 juin à Bruxelles un ensemble de mesures sur les secteurs des semi-conducteurs, du cloud et de l’intelligence artificielle. -
Le marché résidentiel devrait rester en berne jusqu’à la fin de l’année
La conjoncture économique fragilisée par le conflit au Moyen-Orient et l’inflation vont assener un coup de frein supplémentaire à un marché immobilier déjà sous tension. -
La Bourse de Jakarta chute à un plus bas de cinq ans
Le marché actions indonésien a accentué sa chute mercredi après des mauvaises statistiques économiques. Il affiche la pire performance boursière cette année, alors que le sentiment des investisseurs s’est dégradé ces derniers mois, notamment en raison de l’interventionnisme du président Prabowo Subianto. La devise est au plus bas. -
Google augmente de 5 milliards de dollars la taille de sa levée de fonds
Le géant américain a dévoilé les détails de ses multiples augmentations de capital qui pourraient approcher 90 milliards de dollars si les options de surallocation sont entièrement exercées. Trois banques françaises participent à l’opération. -
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
- La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Contenu de nos partenaires
-
« Le coût cumulé d'El Niño pourrait atteindre 84 000 milliards de dollars »
Le retour du phénomène météorologique El Niño cette année est de plus en plus probable selon l’Organisation météorologique mondiale. Son impact sur l’économie mondiale suscite aussi de vives inquiétudes. -
Vrai du fauxCadmium : alerte dans nos assiettes
Présent dans les engrais importés en France, ce métal lourd classé cancérogène a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Au risque de perdre pied dans cette vague d'informations -
Calme avant la tempêtePrésidentielle : les candidats face au mur budgétaire
La bombe budgétaire est sur le point d'exploser et les prétendants à l'Elysée évitent encore bien trop le sujet majeur qui va accaparer le début de mandat du futur président