La Commission européenne épingle la Slovénie et l’Espagne
La Commission européenne tire la sonnette d’alarme à propos de la Slovénie et de l’Espagne, et invite les deux pays à prendre des mesures urgentes pour remédier aux déséquilibres qui continuent de fragiliser leur économie, afin d’éviter la contagion au reste de l’Europe. L’examen approfondi mené par l’exécutif européen a porté sur les 13 pays de l’Union européenne qui ne bénéficient pas d’un programme d’aide internationale.
Cette procédure visant à identifier les «déséquilibres macroéconomiques» s’inscrit dans le cadre des mécanismes de surveillance et d’alerte (le «semestre européen») mis en place par Bruxelles après les crises de la dette en Grèce, en Irlande et au Portugal. Pour établir son rapport, la Commission a pris en compte plusieurs critères au niveau interne (dette publique et privée, prix de l’immobilier, taux de chômage), et externe (balance commerciale, compétitivité...).
«En Espagne et en Slovénie, les déséquilibres peuvent être considérés comme excessifs», juge la Commission européenne qui s’inquiète des niveaux de déficit et de dette élevés, et des fragilités structurelles dans le secteur financier et sur le marché de l’emploi.
A propos de l’Espagne, la Commission considère que «le marché de l’immobilier n’est pas encore stabilisé», et ajoute notamment que des «rigidités sur le marché du travail» conduisent à une augmentation du taux de chômage et constituent un frein aux ajustements économiques.
L’institution considère ainsi que l’économie réelle et le système financier espagnols restent vulnérables, et redoute ainsi de nouveaux «chocs» qui pourraient se répandre au reste de la zone euro. Alors que les inquiétudes des investisseurs portent à présent sur la Slovénie, la Commission estime que les niveaux d’endettement public et privé du pays restent en dessous des seuils d’alerte.
Néanmoins, la dégradation de la qualité du crédit liée à la forte hausse des créances douteuses des banques exige des mesures urgentes pour stabiliser le système financier. Le calendrier est serré pour les deux pays épinglés. Ils doivent répondre aux inquiétudes de la Commission d’ici à fin avril. Celle-ci leur adressera des recommandations le 29 mai.
Dans son analyse, la Commission porte aussi son regard sur la France, et juge notamment la détérioration de sa balance commerciale préoccupante. Le commerce extérieur de la France a été déficitaire de 6 milliards d’euros en février, selon les données CVS/CJO publiées mardi.
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