La coalition gouvernementale en Grèce s’accorde sur un assouplissement de l’austérité
Issue des élections législatives du 17 juin, la nouvelle coalition au pouvoir en Grèce (Nouvelle Démocratie, Pasok, Gauche démocratique) veut desserrer l'étreinte de l’austérité. Elle vient de formaliser un document plaidant pour une série d’ajustements au plan signé en février dernier avec la «troïka» des créanciers internationaux (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).
L’assouplissement réclamé par Athènes se traduirait notamment par une baisse de la TVA dans la restauration et l’agriculture (à 23% actuellement), un gel des supressions de postes dans la fonction publique public et une relavorisation de l’indemnisation du chômage. Selon ce document publié samedi, le gouvernement compte «éviter les suppressions d’employés permanents et économiser sur les coûts non salariaux en réduisant la bureaucratie». Pour les salariés du privé, il se prononce pour une révision du salaire minimum dans le cadre d’accords entre les syndicats et les employeurs. Le deuxième plan d’aide l’avait réduit de 22% à 586 euros par mois.
L’une des demandes phares de ce plan gouvernemental réside dans un délai de grâce «d’au moins deux ans», c’est-à-dire jusqu’en 2016, pour ramener le déficit public à 2,1% du PIB. Celui-ci s’est établi à 9,3% l’an dernier. D’après l’agence de presse grecque Ana, ce délai supplémentaire pourrait impliquer un nouveau financement de 16 à 20 milliards d’euros. De quoi raviver la colère de l’Allemagne, qui juge ces demandes hors de propos.
«La tâche la plus importante à laquelle est confronté le nouveau Premier ministre (Antonis) Samaras est de vite mettre en pratique le programme qui a été convenu, sans nouveaux délais, plutôt que de demander aux autres ce qu’il peuvent encore faire pour la Grèce», a déclaré sans détour le le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, dans un entretien au journal Bild am Sonntag.
La semaine qui débute s’annonce comme un test pour le nouveau gouvernement, avec en point d’orgue le Conseil européen de jeudi et vendredi. Elle s’ouvre en tout cas dans un climat d’incertitude; l’arrivée de la «troïka» à Athènes, attendue aujourd’hui, a été reporté, selon l’AFP. Quant au Premier ministre Antonis Samaras, opéré samedi à l’oeil, et au ministre des Finances Vassilis Rapanos, hospitalisé à la suite d’un malaise, ils sont tous les deux indisponibles.
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