La chute du yen ne permet pas de redresser la balance commerciale japonaise
Les marchés ont les yeux rivés sur la Banque du Japon (BoJ). Pourtant, malgré la chute récente du yen, le Japon a encaissé un nouveau déficit commercial en février de 777,5 milliards de yens (6,2 milliards d’euros), avec un recul de ses exportations de 2,9% sur un an et une hausse de ses importations de 11,9%. Il s’agit du huitième mois consécutif de déficit, le cycle le plus long depuis plus de trente ans. En cause: une chute des exportations de 15,8% vers la Chine, et de 9,6% vers l’Europe en crise. En outre, les besoins en énergie croissants ont fait grimper la facture des importations. «L’impact positif de la chute du yen reste encore à voir» estime ainsi Junko Nishioka, chef économiste chez RBS Securities.
Malgré cela, le yen reculait encore ce matin à 95,99 contre dollar, après avoir atteint 96,71 le 12 mars, son niveau le plus faible depuis août 2009. Et l’indice Nikkei rebondissait en séance de 1,4% pour atteindre 12.650,26 points, son plus haut niveau depuis septembre 2008.
Haruhiko Kuroda, le nouveau gouverneur de la BoJ, qui donne une conférence de presse ce matin après sa prise de fonction officielle hier, devrait s’engager sur «une politique de rachat d’actifs illimitée, tant en termes quantitatifs qu’en termes qualitatif» indique le Nikkei. La prochaine réunion du comité qui se tiendra les 3 et 4 avril, donnera le ton de la nouvelle ère Haruhiko Kuroda. «Des mesures pourraient même être prises lors d’une réunion ad hoc» estime même Citigroup.
Un rallongement du programme de rachat d’actifs de 24.000 milliards de yens est ainsi prévu, soit une augmentation de la taille du bilan de la BoJ de 60.000 milliards. «Une augmentation de cette taille serait une déception pour les marchés», selon Citigroup. La banque estime que pour maintenir une parité du yen contre dollar autour de 90, la BoJ devrait rajouter 40.000 milliards de yens, et 60.000 milliards si elle souhaite voir le yen se déprécier autour de 95. Or, Goldman Sachs estime que le yen doit se déprécier à 115 contre dollar pour atteindre l’objectif de 2% d’inflation.
Outre les mesures sur la taille du programme de rachats d’actifs, la BoJ pourrait également abandonner sa règle de billets de banque, «bank note rule», qui stipule que les rachats d’obligations d’Etat (JGB) de la BoJ par le biais des opérations dites «rinban» ne peuvent excéder la valeur des billets de banque en circulation. Elle envisage également un rallongement de la maturité de ses rachats de JGB.
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