La chute des actions chinoises menace de virer à la crise systémique
Le secteur bancaire chinois va lui aussi devoir absorber la chute du marché actions. Pour stopper l’hémorragie déclenchée il y a un mois par un débouclage brutal des opérations sur marge, les banques ont été autorisées hier à renouveler leurs prêts accordés pour investir en actions, et priées de soutenir les rachats d’actions en offrant des prêts collatéralisés. Si cette mesure a fait rebondir les indices hier, les volumes traités restent faibles et plus de la moitié des 2.808 sociétés cotées en Chine ont maintenu la suspension volontaire de leur cours, sans laquelle «l’indice pourrait se situer nettement plus bas qu'à l’heure actuelle», selon Aberdeen AM.
«Demander aux institutions financières de prendre à leur charge le risque des investisseurs particuliers ne fait qu’accroître le risque de contagion aux autres marchés des matières premières et des obligations, et crée une situation d’aléa moral», alerte SG CIB. Les besoins immédiats de financement des entreprises chinoises devront ainsi être couverts par le système bancaire, et la chute des actions pourrait compliquer le financement de leurs investissements. En outre, «une part importante, et amenée à croître, des actions chinoises, est détenue par l’Etat, les collectivités ou les entreprises publiques», rappelle Nomura.
La volonté des autorités de favoriser l’investissement en actions pour orienter les 21.000 milliards de dollars de dépôts détenus par les ménages vers les entreprises du pays ainsi que pour renforcer la part de la consommation dans le PIB grâce aux gains réalisés, est à double tranchant. Si SG CIB estime qu’avec un tel niveau d’épargne, «les ménages chinois ne réduiront pas leur consommation du simple fait d’un revers sur le marché actions», la banque ajoute que «les deux tiers d’entre eux ont subi des pertes et leur niveau de confiance dans le marché actions est au plus bas depuis début 2014, lorsque l’indice de Shanghai se situait autour de 2.000 points».
Les 1.000 milliards de yuans déjà injectés par Pékin restent maigres face à la capitalisation boursière totale en Chine qui atteint 42.000 milliards (75% du PIB), même érodée de 10 milliards depuis mi-juin. Natixis estime qu’une accélération massive des injections de liquidités de la PBOC est devenue nécessaire pour éviter un atterrissage brutal de l’économie chinoise, sans remettre en cause la nécessaire politique de réforme des marchés de capitaux et de désendettement du pays.
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