La Chine semble prête à abandonner ses pratiques de prêts excessifs

Le montant des prêts accordés à la fois par le secteur bancaire et par la finance de l’ombre a chuté à son niveau le plus bas depuis octobre 2008
Patrick Aussannaire

La chute des nouveaux crédits accordés en Chine a de quoi inquiéter les autorités. Les «Total social financing» (TSF) comprenant les prêts hors bilan ont chuté à 250 milliards de yuans (30 milliards d’euros) au mois de juillet, un niveau qui n’avait pas été constaté depuis octobre 2008. Même si, compte tenu du montant élevé de 1.975 milliards de yuans constatés en juin, les TSF restent en hausse de 21% sur un an pour le total cumulé de ces deux mois, SG CIB estime que le repli de juillet a été suffisant pour faire baisser le rythme annuel de croissance du crédit global de 0,6 point sur un mois à 15,9%.

Et l’ensemble de la chaine du crédit, des prêts traditionnels aux prêts de l’ombre qui assurent pourtant le relais du secteur bancaire, a été touché par cette chute. Les prêts bancaires sont ainsi tombés à 385 milliards de yuans, soit deux fois moins que les prévisions du consensus et bien en deçà de sa moyenne de 800 milliards sur les douze mois précédents. «Il est possible que, après avoir rapatrié les dépôts sur leurs bilans en juin afin de se conformer aux exigences réglementaires, le mouvement conséquent de ces dépôts ait altéré la capacité de prêts des banques», explique RBS.

Parallèlement, les prêts accordés par les sociétés fiduciaires (Trust) se sont contractés de 16 milliards de yuans pour la première fois depuis près de trois ans, après avoir progressé de 120 milliards en juin. Un segment qui est sur une tendance baissière depuis mi-2013 avec le resserrement de la régulation et l’augmentation du risque de crédit, avec un premier défaut début juillet. «La situation devrait s’aggraver avec la poursuite de la correction du marché immobilier qui pèse sur le secteur de la finance de l’ombre», anticipe SG CIB.

La PBOC a d’ailleurs cherché à calmer le jeu après ces annonces en publiant sur son site une liste d’explications à ces chiffres, dont le poids de la réglementation sur les activités interbancaires. Le taux Shibor à 7 jours est resté contenu à 3,8% sur le mois de juillet en moyenne, après 3,3% en juin et 3,2% en mai. «La PBOC ne souhaite clairement pas resserrer ses conditions monétaires, mais elle n’a pas non plus l’intention d’arrêter de limiter les activités de prêts à risque pour soutenir la croissance à tout prix», estime SG CIB. Même si les chiffres d’activité publiés jeudi pointent vers un ralentissement de l’activité en juillet.

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