La Chine reste loin de son objectif de rééquilibrage de son économie
Sur les 7,8% de croissance du PIB enregistrés au troisième, 4,3 points proviennent de l’investissement et seulement 3,5 points de la consommation
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Patrick Aussannaire
Le point clé de la vulnérabilité du profil de crédit de la Chine est l’insoutenabilité de son modèle de croissance tiré par l’investissement», avertissait Fitch la semaine dernière, alors que les autorités font du rééquilibrage de l’activité une priorité. Certes, la croissance de l’activité a accéléré à un rythme de 7,8% au troisième trimestre, après être tombée à 7,5% au trimestre précédent, son plus faible niveau depuis 23 ans. Et JPMorgan d’estimer qu’«il n’existe aucun doute sur le fait que la Chine soit en mesure d’atteindre son objectif de 7,5% cette année».
Cependant, la formation de capital fixe occupait une place inédite dans l’histoire d’une économie émergente de 48,1% du PIB chinois l’année dernière. Or, la situation a peu évolué. La consommation a contribué à hauteur de 3,5 points à la croissance de 7,7% sur les neuf premiers mois de l’année, l’investissement à hauteur de 4,3 points, contre 4,1 points pour l’investissement et 3,4 points pour la consommation sur les 7,6% de croissance du premier semestre.
La banque centrale chinoise est montée au créneau concernant l’impact des entrées de capitaux dues au décalage du «tapering» de la Fed. Avec un flux de «Total Social Financing» (TSF), qui mesure l’ensemble des crédits circulant dans l’économie, en augmentation de 30,6% sur un an à fin juin, le crédit continue de croître plus vite que le PIB nominal. «A 27% du PIB, la moyenne glissante sur trois mois du TSF en septembre est moins forte que celle sur les cinq premiers mois de l’année mais suggère toujours une augmentation substantielle du ratio de crédit sur PIB», estime RBS.
Or, Fitch avertit que «si l’investissement continue à croître à un rythme plus fort que le PIB, il dépassera très bientôt le niveau de l’épargne (de 50,8% du PIB), et la Chine deviendra un pays en déficit commercial, dépendant des entrées de capitaux pour financer sa croissance».
Le ministre du commerce s’était inquiété du fort ralentissement de la demande provenant des pays émergents sur le commerce extérieur chinois, et s’est dit prêt à soutenir ses exportateurs. Le poids des exportations nettes dans la croissance s’est en effet considérablement réduit, avec une contribution à la croissance annuelle négative ou nulle systématique depuis 2009. Une tendance qui devrait se poursuivre cette année et en 2014, selon Invesco. Le yuan poursuit sa hausse contre dollar, qui atteint 36% depuis juillet 2005 et 2,2% depuis le début de l’année.
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