La Chine poursuit la marche vers la libéralisation de son économie
Li Keqiang fixe le cap. Lors d’une conférence de presse, le nouveau Premier ministre chinois a indiqué qu’il entend réduire le pouvoir de la bureaucratie ainsi que les dépenses publiques, et fournir au secteur privé un environnement plus accommodant pour permettre à l’économie chinoise de se régler sur un rythme de croissance durable de 7,5%. «La réforme consiste à réduire le pouvoir de l’Etat; il s’agit d’une révolution que nous nous imposons à nous-mêmes. Elle nécessitera des réels sacrifices et ça sera difficile» a-t-il ainsi prévenu. La société de recherche Dragonomics estime de son côté qu'«en contrôlant le capital, les terrains, et les autres ressources clés de l’économie, les sociétés publiques se déploient au détriment des sociétés privées et privent le pays de profits gigantesques».
L’autre chantier est la poursuite des «réformes de libéralisation des marchés». Li Keqiang compte donner un plus large espace de liberté aux marchés dans la détermination des taux d’intérêt et de change, afin que les entreprises disposent d’un meilleur accès aux financements sur les marchés obligataires et actions. Les entreprises privées se verront accorder une égalité de traitement avec le secteur public. «La libéralisation des taux est indispensable pour tirer à la hausse le coût du capital, limiter les investissements à perte, et stimuler les revenus des ménages. Une plus grande flexibilité doit être accordée aux banques dans la fixation des taux d’intérêt, avec une ouverture de la distribution de crédit à de nouveaux acteurs» estime Dragonomics.
Zhou Xiaochuan a en parallèle été reconduit samedi à son poste de gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBOC) qu’il occupe depuis 2002. La semaine dernière, il avait enterré tout nouvel assouplissement monétaire en indiquant que la Chine est passée en « état d’alerte élevée» concernant le risque inflationniste, et que l’autorité utilisera tous les outils à sa disposition «afin de garantir la stabilité des prix et des anticipations d’inflation».
Avec un rebond de l’inflation à 3,2% en février, Pékin a dû instaurer une taxe sur les plus-values immobilières de 20% pour décourager les mouvements spéculatifs pour limiter la hausse des prix immobiliers. Les chiffres publiés ce matin ont d’ailleurs montré une hausse des prix immobiliers dans 62 des 70 villes chinoises scrutées par le Bureau de statistiques au mois de février. La hausse atteint 5,9% à Pékin sur un an, sa plus forte hausse depuis février 2011, 5,7% à Shenzhen et 8,1% à Guangzhou.
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