La Chine ouvre officiellement son économie aux marchés financiers
La Chine ouvre une nouvelle ère. La troisième Assemblée plénière du 18e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), qui s’est achevée hier à l’issue d’un huis clos qui a duré quatre jours, a consacré l’ouverture des marchés financiers comme étant la priorité des autorités pour les prochaines années.
Sous la pression du très influent gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBOC), Zhou Xiaochuan, les marchés seront désormais amenés à jouer un rôle «décisif» au sein de l’économie chinoise, indique ainsi le communiqué officiel diffusé par les agences de presse.
Jusqu’ici, Pékin réduisait le rôle attribué aux marchés au sein de son économie comme étant «de base», alors que la précédente étape avait pour but d’introduire une culture de profit dans la gestion des entreprises du pays, largement sous contrôle de l’Etat.
«La question clé est de clarifier la relation entre le gouvernement et le marché, en permettant au marché de jouer un rôle décisif dans l’allocation des ressources et en améliorant le rôle du gouvernement», précise le PCC. Des déclarations d’intention générales, alors que les investisseurs attendent des mesures concrètes. Traduisant les fortes attentes des investisseurs, les marchés de taux ont considérablement réagi hier avant la fin de la réunion avec une hausse du taux de swap 5 ans de 11 pb, à 4,78%, soit son plus haut niveau depuis le mois de juin 2007. A la suite de la publication d’un rapport du «think tank» officiel du Conseil d'État (DRC), «les marchés espéraient des annonces concernant la libéralisation des taux d’intérêt à l’issue de l’Assemblée plénière», indique Kumar Rachapudi, stratégiste taux chez ANZ.
Si la société de gestion GaveKal prévient que les réformes pourraient ne pas intervenir «avant des mois ou même des années», des pas ont déjà été réalisé en ce sens sous la houlette de la PBOC. La banque centrale a ainsi supprimé le seuil minimum imposé aux taux d’emprunts, qui était inférieur de 30% au taux de marché. En outre, Deutsche Bank estime qu’elle pourrait autoriser dès 2014 la cotation de certificats de dépôts négociables et introduire un système d’assurance des dépôts, avant de supprimer en 2015 la limite aujourd’hui imposée sur les taux d’épargne. Une mesure qui introduirait une plus grande concurrence entre banques pour attirer les dépôts, qui pèsent quelque 101.000 milliards de yuans (12.340 milliards d’euros) en Chine.
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