La Chine durcit les règles de distribution des produits de gestion de fortune
La Chine s’attaque à un nouveau segment de la finance de l’ombre. L’autorité de régulation bancaire a édicté une série de nouvelles règles visant à imposer aux banques du pays plus de transparence et une limitation des risques pris sur les produits de gestion de fortune (wealth-management products, WMP). Des produits offrant des rendements nettement plus élevés que le taux de rémunération des dépôts, conservé bas par le gouvernement, mais menaçant la stabilité du secteur bancaire. «La majorité des WMP proposés par les banques sont des sortes de dépôts déguisés» indique S&P dans un rapport publié hier. Et d’ajouter que «la finance de l’ombre pourrait avoir des implications significatives et d’une grande portée pour la solidité du secteur bancaire dans les 3 à 5 prochaines années».
«Dans le processus de développement de cette activité, certaines banques ont contourné les restrictions de prêts et n’ont pas isolé le risque d’investissement» indique l’autorité. Les banques sont ainsi appelées à clairement relier les WMP à des actifs réels identifiés, à révéler les utilisateurs des fonds et leurs motifs d’investissement, mais il faut aussi que chaque produit subisse un audit précis. Dorénavant, un seuil maximum de 35% du total des WMP vendus par les banques est fixé pour les investissements en dette ou servant à des prêts. «Il s’agit jusqu’à présent des mesures de contrôle les plus strictes et les plus concrètes prises concernant les WMP» estime Yao Wei, économiste à la Société Générale.
Fitch estime le montant total des WMP en circulation à environ 13.000 milliards de yuans à la fin de l’année dernière, soit 14,5% des dépôts de l’ensemble du système bancaire chinois. Des produits en pleine expansion puisqu’ils ne représentaient que 8.500 milliards fin 2011. Les quatre plus grosses banques chinoises ont indiqué dans leurs comptes 2012 qu’elles disposaient d’un montant agrégé de 3.000 milliards de yuans en WMP. ICBC a émis 500 nouveaux WMP, pour une valeur totale dépassant les 1.000 milliards.
«L’impact immédiat devrait être gérable pour les banques, les autorités ayant préparé le terrain depuis un certain temps» estime néanmoins Yao Wei. Mais ce sont les petites banques commerciales qui sont le plus exposées. Selon Citigroup, elles ont pesé à hauteur de 43% dans les nouveaux produits vendus en janvier, contre seulement 33% un an plus tôt. De leur côté, les quatre principales banques chinoises ont vu leur poids dans les nouvelles émissions se réduire de 32% en janvier 2012 à 28% en janvier 2013.
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