La Chine conserve une politique d’assouplissement monétaire prudente
La baisse des taux directeurs en Chine semble surtout avoir une portée symbolique. Les 25 pb concédés sur les taux des dépôts et des prêts à un an pour les ramener à respectivement 2,5% et 5,35% ont été accompagnés d’un nouveau relèvement de la borne haute des taux bancaires à 1,3 fois le taux de référence (soit 3,25%), contre 1,2 fois précédemment (soit 3,3%), qui limite la baisse effective à 5 pb.
«La PBOC envoie un signal destiné à rassurer les marchés de taux, mais la baisse effective limitée à 5 pb n’est pas en soi significative et toute transmission des taux de dépôts aux taux «repo» semble ainsi faible», estime SG CIB, qui ajoute que «de nouvelles injections de liquidités dans le système seront nécessaires pour faire baisser davantage les taux de swap à long terme».
Les injections devront atteindre au moins 280 milliards de yuans cette semaine pour compenser les titres courts arrivant à maturité d’ici à vendredi. La baisse du ratio des réserves obligatoires (RRO) début février ainsi que les 180 milliards injectés sur janvier et probablement davantage en février du fait du nouvel an chinois n’ont pas eu d’effet sur les taux interbancaires, qui pâtissent notamment de l’accroissement des sorties de capitaux. Le taux Shibor 7 jours restait stable hier à 4,8%, contre 3% en moyenne depuis 2006. Sa moyenne à 28 jours s’est tendue de 132 pb depuis mi-novembre dernier pour atteindre hier 4,36%, son plus haut niveau depuis un an. Parallèlement, si le taux de swap à 10 ans est en baisse de 35 pb depuis le début de l’année, il s’est tendu de 16 pb depuis une semaine à 3,41%.
Ces mesures interviennent en outre une semaine avant l’ouverture jeudi de la réunion annuelle du Congrès national du peuple à l’issue de laquelle le premier ministre Li Keqiang devrait réviser à la baisse l’objectif officiel de croissance du PIB chinois à 7% pour cette année selon le consensus, après celui de 7,5% fixé pour 2014. Outre les nouvelles mesures d’assouplissement monétaire attendues d’ici à la fin de l’année, SG CIB précise que «le déficit budgétaire devra atteindre au moins 4% du PIB en 2015, contre 1,8% en 2014, pour compenser la baisse des besoins de financement hors budget des collectivités locales».
Or, Pékin ne semble vouloir tolérer qu’un dérapage maximal de 2,8% du PIB, ce qui ferait ralentir le rythme de croissance à 6,8% cette année, après 7,4% en 2014, selon SG CIB.
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