La Chine compense les effets coûteux des sorties de capitaux
Les sorties de capitaux deviennent coûteuses pour la Chine. La PBOC a baissé pour la première fois depuis mai 2012 le ratio des réserves obligatoires (RRO) de 50 pb à 19,5% pour les banques commerciales, mais a également concédé 50 pb supplémentaires pour les banques rurales, et 400 pb pour la seule Agricultural Development Bank of China. «C'était inévitable et attendu. Tout milite pour une baisse du RRO depuis un certain temps: ralentissement de la croissance et conditions de liquidités tendues» explique SG CIB.
Pékin devrait annoncer à l’ouverture de la session annuelle du Parlement en mars une révision à la baisse de son objectif de croissance de 0,5 point à 7% pour cette année, après les 7,4% de 2014. Les régions ont déjà baissé les leurs dans une fourchette de 0,5 à 2,5 points par rapport à 2014, à l’exception de Shanghai qui a préféré s’abstenir. Malgré le plan de relance budgétaire, une nouvelle baisse du RRO et des taux directeurs est attendue en 2015.
Les 375 milliards de yuans de liquidités à 3 mois injectés par la PBOC sur novembre et décembre n’ont pas empêché la moyenne à 28 jours du Shibor 7 jours de se tendre de 110 pb depuis novembre, à 4,13%. Des tensions interbancaires liées aux nombreuses IPO dans les tuyaux, à la hausse du risque de crédit, à l’explosion attendue des besoins de liquidités avant le nouvel an chinois dans deux semaines, mais surtout aux récentes sorties massives de capitaux.
Avec 600 milliards de yuans de liquidités injectées dans le marché interbancaire, cet assouplissement «est surtout destiné à compenser l’effet des sorties de capitaux, la PBOC ayant utilisé ses réserves de change pour limiter la dépréciation du yuan», comme l’explique SG CIB. En témoigne la chute record de 128,9 milliards depuis décembre des actifs étrangers dans son bilan, qui ne sont pas soumis aux variations de change.
Les sorties de capitaux ont entraîné une dépréciation du taux de change onshore (CNY) contre dollar de 2,2% depuis fin octobre. Si Barclays anticipe une nouvelle baisse de 2,5% à 6,40 d’ici à fin 2015, Pékin semble décidé à en limiter l’ampleur. Pour la première fois depuis 21 mois, la PBOC a fixé hier la parité du CNY hors de sa bande de fluctuation de 2%.
Une bande qui pourrait à nouveau être élargie, avec un ajustement du fixing quotidien du yuan onshore ouvert à un panier de devises pour mieux amortir sa dépréciation, selon SG CIB.
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