La Chine assouplit légèrement les conditions de crédit bancaire
La Chine tente de relancer le crédit sans faire exploser la dette. Le Conseil d’Etat a proposé un amendement visant à supprimer au sein de la loi bancaire le ratio de prêts sur dépôts (LDR), actuellement plafonné à 75%. Cette mesure vise à libérer des capitaux pour les petites banques, déjà proches du plafond de LDR, afin qu’elles puissent accroître leur offre de crédits aux PME et aux ménages chinois, dans un contexte d’assouplissement monétaire. «La principale contrainte réglementaire à la croissance des prêts n’est plus le LDR, mais la faible demande de crédits et l’aversion manifestée par les banques», précise néanmoins Wei Yao, économiste chez SG CIB, qui anticipe ainsi un impact limité de cette mesure à la fois sur le crédit bancaire et sur la liquidité du marché interbancaire.
La PBOC a injecté hier l’équivalent de 5 milliards d’euros grâce à une opération de reverse repo à 7 jours à un taux de 2,7%, inférieur à celui de 3,5% offert à sa dernière injection remontant au 16 avril. Le taux Shibor à 7 jours s’est tendu de 120 points de base (pb) depuis un mois pour remonter à 3,15%, contre 3,4% en moyenne depuis le début de l’année. S’il est désormais en ligne avec ses niveaux de 2010, il reste loin de ceux de 2009, de 1,2%. Le rendement des obligations d’Etat à 2 ans est quant à lui passé sous le seuil des 2% cette semaine pour la première fois depuis fin 2010, les marchés anticipant de nouvelles mesures d’assouplissement dans les prochains mois. Les taux de dépôts ont déjà été ramenés à 2,25%, et le ratio des réserves obligatoires à 18,5%.
«Les autorités vont tenter de limiter la hausse des taux d’intérêt durant la phase de restructuration de la dette, mais les conditions de crédits ne seront plus aussi souples compte tenu du rythme de croissance économique», estime SG CIB. La dette totale non financière a atteint 230% du PIB fin 2014, contre 160% fin 2008. Or, le système financier chinois finance 95% de la dette, et les grandes banques d’Etat en détiennent à elles seules près de 60%. Même la finance de l’ombre (véhicules de financement des collectivités et sociétés trust) est contrôlée par des sociétés publiques. «Le fait que les créanciers et débiteurs soient détenus ou sous influence de l’Etat explique certainement pourquoi le scénario d’une crise bancaire et économique ne s’est jusqu’ici pas matérialisé», explique SG CIB.
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