La Chine a recours à des outils monétaires non conventionnels
La Chine continue d’élargir sa palette d’outils monétaires. La presse locale indique que la PBOC envisage des rachats d’obligations de collectivités locales directement sur le marché secondaire afin de dégonfler leur dette qui a progressé de 47% depuis juin 2013 pour atteindre 16.000 milliards de yuans (2.350 milliards d’euros). Si les collectivités prévoient d’accroître leurs émissions de 400 milliards en 2014 à 1.700 milliards de yuans cette année, des conditions de marché peu favorables ont contraint la province du Jiangsu à retarder son emprunt de 64,8 milliards destiné à refinancer sa dette arrivant à maturité.
«Dans le cadre actuel, il est interdit d’acheter directement les obligations publiques», rappelle Bei Xu, économiste chez Natixis. Bloomberg ajoute que la PBOC veut élargir son programme PSL de «swap» de la dette locale contre des prêts bancaires traditionnels, qui offre depuis 2014 un financement avantageux aux banques avec comme collatéral les obligations les mieux notées. Son élargissement «permettrait d’augmenter la demande pour les émissions d’obligations locales, de financer les logements sociaux et des projets d’infrastructure tels que le «one belt one road»», estime Bei Xu.
Le PSL, comparé aux TLTRO de la BCE, permet de transférer la dette locale du «shadow banking» vers les marchés de capitaux plus transparents et mieux régulés. Il améliore ainsi le profil de risque du système bancaire, et réduit les coûts de financements des collectivités en échangeant une dette de court terme par une dette plus longue avec des taux plus faibles. «Les rendements des collectivités sont plus proches de ceux des titres du Trésor (à 3,4% sur le 10 ans) que ceux des véhicules de financement (LGFV), nettement plus élevés (supérieurs à 6%)», estime Chi Lo, économiste chez BNP Paribas.
Pour agir sur le niveau des taux longs, la PBOC a également introduit en février un nouvel instrument proche du PSL permettant aux banques commerciales de plus petite taille d’utiliser des prêts de très bonne qualité comme collatéral aux opérations de refinancement. La baisse du ratio des réserves obligatoires d’au moins 100 pb concédée la semaine dernière par la PBOC ainsi que les trois instruments de gestion des liquidités de court terme (SLO, OMO et SLF) ont déjà permis de stabiliser les taux interbancaires, tandis que la banque centrale «conserve des marges de manœuvre sur ses taux directeurs», ajoute Chi Lo.
Plus d'articles du même thème
-
Unilever relève ses prévisions après son meilleur trimestre en volumes depuis plus de dix ans
Porté par ses marques de beauté et de soins personnels sur les marchés émergents, le géant des biens de consommation a dépassé les attentes au deuxième trimestre et relevé sa prévision de croissance pour 2026, faisant bondir son titre en Bourse mardi. -
La tech tremble en Bourse sur fond de menace chinoise et de surinvestissement
Le secteur des semiconducteurs a encore été malmené ces dernières heures. L’irruption de concurrents chinois et des interrogations sur l’ampleur des dépenses de certains acteurs inquiètent. -
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise. -
BioMérieux réduit ses ambitions pour 2027 et 2028
Le laboratoire vise désormais une croissance organique annuelle comprise entre 3% et 6% pour les deux prochaines années. -
Michelin réaffirme ses objectifs annuels dans un contexte «compliqué»
Le fabricant de pneumatiques prévoit une progression de son résultat opérationnel des secteurs à périmètre et taux de change constants par rapport à 2025, et une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros. -
La croissance d'Air Liquide a accéléré au deuxième trimestre
Le groupe a également enregistré une amélioration de sa rentabilité. Les dirigeants confirment leurs objectifs pour l'ensemble de l'année.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
OpportunismeRomance entre Lula et Xi sur fond de défiance entre le Brésil et les Etats-Unis
Le gouvernement fédéral est prêt à un accord dé libre-échange entre la Chine et les pays du Mercosur -
Série (11/28)Un été d'essais politiques : Marchais, le dernier dinosaure
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Christian Gollier, président : « Je signe l'Accord de Pékin qui crée une taxe carbone mondiale »
SERIE. L'Opinion a demandé à Christian Gollier de se glisser dans la peau du locataire de l'Elysee. L'économiste imagine que les électeurs français et européens, chauffés à blanc par les canicules de l'été 2026 et fatigués par l'impuissance des partis traditionnels, portent au pouvoir les scientifiques du climat.