La Catalogne renégocie à la baisse le coût de ses PPP
Pour les finances publiques, certains partenariats public-privé (PPP) peuvent constituer une bombe à retardement. La Catalogne l’a bien compris. Elle a renégocié tout au long de 2012 et en 2013 les contrats signés avec les prêteurs et les promoteurs pour réduire le montant des redevances qu’elle verse. La région espagnole a ainsi abaissé ces dernières de 62% à 419 millions d’euros au lieu d’un arrangement initial de 1,1 milliard d’euros, selon les déclarations à Bloomberg de son directeur financier, Andreu Mas-Colell.
Les PPP permettent de financer sur la durée de grands projets d’infrastructure sans alourdir la dette publique. Mais lorsque les politiques ne raisonnent pas au-delà de la mandature en cours, les contrats ont souvent été montés pour «avoir très peu à payer dans les premières années», relève Andreu Mas-Colell. Le montant des redevances gonfle ensuite au fil des ans. «Nous sommes en guerre constante pour aplanir ces paiements, relève le dirigeant. Ces [PPP] ont été structurés dans de nombreux cas de manière perverse».
La Catalogne ne communique pas le nom des banques ou des concessionnaires concernés par ces renégociations de contrats. Fin 2008, La Caixa avait fourni 580 millions de prêts pour financer une nouvelle ligne de métro à Barcelone, dans le cadre d’un projet évalué à 6,8 milliards d’euros et dirigé par les groupes de BTP Acciona et Orasco. Caja Madrid, fondue depuis au sein de Bankia, Santander et BBVA avaient également versé leur écot. Lancé par l’ancienne municipalité socialiste au tout début de l’éclatement de la bulle du crédit en Europe, le projet a été arrêté et ramené à des proportions plus raisonnables.
La première région espagnole par le PIB a vu sa dette plus que tripler depuis 2006, à 51,8 milliards d’euros fin juin. Son ratio de dette atteignait 26,2% à cette date, à comparer à une moyenne de 18,9 % pour l’ensemble des régions espagnoles.
Le coût des PPP s’est déjà fait sentir au Portugal. Gros consommateur de partenariats public-privé pendant les années 2000, le pays a vu sa facture enfler. A l’occasion du sauvetage du Portugal, la Troïka constituée par le FMI, l’Union européenne et la BCE avait demandé à Lisbonne de geler tout nouveau PPP et de réintégrer les coûts d’investissement de trois PPP routiers dans son déficit 2010, qui était passé de 8,6% à 9,1% du PIB.
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