La Cades a déjà réalisé la moitié de son programme de financement 2014
Ce qui est pris n’est plus à prendre. La Caisse d’amortissement de la dette sociale a placé hier 5 milliards d’euros d’obligations à 5 ans, profitant d’une demande très élevée. Ce deuxième emprunt de référence succède à celui de 5 milliards, en dollars, réalisé le 23 janvier dernier. Avec l’équivalent de 8,7 milliards d’euros levés par le biais de ces deux emprunts benchmarks, l’établissement chargé d’amortir la dette héritée des déficits sociaux en France a déjà réalisé la moitié de son programme de financement 2014 à moyen et long terme. Celui-ci a été fixé entre 15 et 18 milliards d’euros.
«Nous visions au départ une taille de 2 à 3 milliards d’euros, mais l’offre a vite suscité l’emballement des investisseurs pour la signature Cades. Le livre d’ordres a atteint 7 milliards d’euros et la Cades a choisi de servir cette demande», explique Damien Carde, responsable DCM secteur public chez RBS, l’une des quatre banques en charge du placement avec BNP Paribas, CA CIB et Natixis.
Les titres ont ainsi été mis à prix à un spread de 11,3 points de base par rapport à l’emprunt d’Etat français de référence, et à un coupon final de 1,125%, l’un des plus bas pour la Cades sur cette échéance. Le papier a été placé à 93% auprès d’investisseurs non résidents, l’Asie (49%) devançant l’Allemagne (22%) et les autres pays de l’Union européenne (12%). Les banques centrales, toujours friandes de papier quasi-souverain, se sont octroyé 58% des titres, contre 20% pour les banques, 18% pour les sociétés de gestion de portefeuilles et 4% pour les compagnies d’assurances.
Mi-janvier, en présentant son programme d’émissions 2014, la Cades avait signalé sa volonté d’aller chercher des échéances à 3-5 ans, un secteur où elle affichait un creux en termes de tombées obligataires. Le programme prévoyait au total 6 milliards de nouveaux emprunts de référence en euros et 4 à 5 milliards en dollars, le reste provenant d’abondements, de titres indexés, d’émissions en autres devises et de placements privés.
La Cades peut désormais envisager le reste de l’année avec sérénité, alors que la remontée tant annoncée des taux en France n’a pas encore eu lieu. La diligence de l’établissement s’explique aussi par l’histoire récente. En 2011, la crise des dettes en zone euro avait perturbé son programme de financement lorsque le marché du dollar s’était fermé aux émetteurs français.
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement. -
L’autorité de contrôle du bio aux Pays-Bas a sélectionné un prestataire pour ses pensions
L’organisme administratif indépendant vient de confier un mandat portant sur la pension de retraite d’entreprise de ses employés. -
Inarcassa affiche un résultat d’exploitation en hausse pour 2025
La Caisse de retraite italienne des ingénieurs et des architectes indépendants vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 qui confirment la normalisation du régime. -
Adia réalise un investissement stratégique dans le numérique
L'Abu Dhabi Investment Authority a annoncé sa participation à la levée de fonds d’une société singapourienne spécialisée dans l’IA et les centres de données.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- Nordea AM remporte un mandat de près de 1 milliard d’euros auprès d’ABN Amro IS
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
EmbouteillageMélenchon, Attal, Retailleau, Philippe, Glucksmann, un meeting avant l'été et ça décolle ?
Entre le 30 mai et le 5 juillet, plusieurs candidats à la présidentielle de premier plan tiendront meeting. Pourquoi vouloir lancer une dynamique juste avant que les Français ne partent en vacances ?