La Bourse de Shanghaï secouée par une erreur de trading d’Everbright Securities
Une erreur informatique du courtier a conduit à une salve d’ordres d’achats qui ont fait varier l’indice chinois de -1% à +5,6% en deux minutes
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Patrick Aussannaire
La confiance dans le marché actions chinois a été sérieusement ébranlée ce week-end suite à une erreur du système informatique du courtier chinois Everbright Securities intervenue vendredi, qui a conduit à une salve de quelque 23,4 milliards de yuans (2,9 milliards d’euros) d’ordres d’achats cumulés. Sur ce montant, 7,27 milliards de yuans ont été convertis en transactions réelles. L’autorité chinoise de marché, la CSRC, a indiqué hier que le courtier avait cédé pour 1,85 milliard de yuans d’ETF, qui se sont cumulés avec des ventes à découvert de 7.130 contrats sur le marché à terme associé à l’indice de référence, équivalentes à 4,8 milliards de yuans.
De quoi faire passer l’indice composite de la Bourse de Shanghai d’une perte de 1% en début de séance à une hausse de 5,6% en l’espace de quelques minutes. Dans ce laps de temps, 16 des 20 plus grosses sociétés de l’indice ont vu le seuil limite de variation de leur cours de 10% dépassé, et les volumes de trading se sont envolés de 53%. L’indice a finalement clôturé en recul de 0,6%. La CSRC a pointé du doigt hier le «système stratégique de transactions» d’Everbright qui présente des défauts concernant notamment le contrôle des limites. L’incident n’est pas lié, selon elle, à une erreur humaine, mais une enquête sera diligentée. «Les investisseurs vont à présent regarder les décisions qui seront prises par la CSRC, et si elle demande aux courtiers de renforcer leurs systèmes de contrôle internes», relève Niu Bokun, analyste chez HuaChuang Securities.
Everbright, dont le cours a été suspendu vendredi, a estimé sa perte de trading à environ 194 millions de yuans sur la base du cours de clôture de vendredi. Une estimation qui pourrait néanmoins varier à la réouverture du marché aujourd’hui. L’action du courtier a déjà chuté de 14% depuis le début de l’année, contre une baisse de 8,8% pour l’indice de référence. Le groupe a notamment vu son image ternie par une enquête lancée contre lui en juin dernier relative à son rôle dans une introduction en Bourse. Ce qui l’a contraint à repousser son propre projet d’IPO, estimé à environ 1,3 milliard de dollars. Ses résultats ont chuté de 35% à un milliard de yuans l’an dernier, du fait d’une chute des volumes de 25% à la Bourse de Shanghai et à celle de Shenzhen, et un repli de 64% des émissions d’actions locales.
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